Charles de Gaulle – 3ème acte.

Posted on jeudi 20 novembre 2008

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Mai 1968, tout un programme. La révolution étudiante commence à peine dans plusieurs pays du Monde. Tu n’y vois pour ta part qu’un immense chahut étudiant. En même temps, tu ne t’attends pas à cette crise, personne ne s’attend à quoi que ce soit. En témoigne Pierre Viansson-Ponté qui, le 15 Mars 1968, écrit dans Le Monde que « La France s’ennuie »… Alors, j’aimerais dire à ce monsieur au nom compliqué qu’il ne faut pas provoquer bêtement les gens comme ça. C’est de la psychologie inversée, un peu. Ah ouais, il s’emmerde l’autre journaleux? On va lui en donner du scoop! Bref, toi tu penses que les mômes ne veulent juste pas passer leurs examens. Bien vu l’artiste. Bref, 1968, on ne va pas vous faire un dessin. Alors que la crise bat son plein, une manifestation a lieu le 27 Mai au stade Charléty. Là, toutes les personnes présentes commencent à envisager un gouvernement provisoire. François Mitterand se propose directement à la candidature. Ca fait un peu genre :

– « Eh, moi, moi, Monsieur, eh, moi, moi, moi! J’peux l’faire moi! »

– « C’est ça, t’es mignon mais reviens dans 13 ans petit. »

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C’est sur qu’une fois que tu as mis les affiches en français, ça a du mieux marcher ton business.

Bref, tout ça, tout ça. Le 29, tu ne sais plus trop comment te dépétrer dans cette fange qui te tire vers le bas et te font descendre de ton échelle de gloire qui commence à se retrouver escabeau. Tu décides d’opérer un bouleversement tactique! Tu… disparais. Tu prends l’avion pour Baden-Baden (oui oui, deux fois) mais sans prévenir personne. Parce que dans l’ensemble, on s’en fout un peu que tu te barres comme ça mais ce qui est vraiment drôle, c’est qu’il a suffi que les médias relaient l’information pour que toute la France se pose des questions. C’est un peu l’idée d’un groupe de mômes qui feraient particulièrement suer un mono en colonie. Au bout d’un moment, le mec dit qu’il se casse parce qu’il en peut plus et les enfants commencent à se poser des questions. Mince, on est peut-être allé trop loin?

Voilà, la France baisse sa couche-culotte sur une disparition de même pas 24 heures. Fin tacticien, les gaullistes organisent une grande manifestation sur les Champs-Elysées. Bah mon vieux, faut bien que ce soit une manif’ de droite pour qu’elle passe par l’auto-proclamée plus belle avenue du monde. Enorme manifestation de soutien donc avec 1 millions personnes selon les organisateurs, et 1 millions et demi selon la police. Peu de temps après tout ça, tu remportes haut la main les législatives avec 354 des 487 sièges au Parlement. Du jamais vu dans l’histoire, une telle hégémonie dans la victoire. On notera au passage qu’on apelle ça un siège. C’est dire l’ambiance de boulot.

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Z’êtes sur, monsieur l’agent? Non parce que moi, j’aurais juré avoir un bout de cannabis sur la bouche… Bizarre ça.

Le 27 Avril 1969, la France doit voter sur, je cite, « la réforme du Sénat et la régionalisation » sous forme de référendum. Ca nous paraît forcément un peu bizarre en 2008 puisqu’on ne vote même plus quand on nous change la constitution, alors bon… Toujours est-il que les français étaient appelés à dire oui ou non à un truc pareil. Tu penses bien que tout le monde s’en branlait de ta réforme. Sauf que tu as la brillante idée de dire que si le non l’emportait, tu démissionerais. Evidemment, une énormité pareille, on se rue dessus. Valery Giscard d’Estaing (bah c’est ton D’Estaing) fait campagne pour le Non. Ca fait un peu genre :

– « Eh, moi, moi, Monsieur, eh, moi, moi, moi! J’peux l’faire moi! »

– « C’est ça, t’es mignon mais reviens dans 5 ans petit. »

Finalement, comme de bien entendu, le non l’emporte à 52,41%. Le lendemain à midi, tu annonces dans un communiqué laconique que « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Clair, net, précis et sans bavure. Merci, au revoir et allez tous vous faire mettre. Ta vie devient un peu morose, tu fais l’ermite pour écrire la suite de tes Mémoires de Guerre. Cela s’appelera les Mémoires d’espoir… Plus cucul, tu meurs. Mais avant de mourir, tu n’oublies pas de rendre une petite visite de courtoisie à ce bon vieux dictateur Franco.

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Pssst, Adenauer! Pssst! C’est Platoche qui tire, protège toi les couilles!

Le 9 Novembre 1970, tu entames une partie de patience. Tu la finiras plus tard apparemment puisque tu claques d’une rupture d’anévrisme dans la demi-heure qui suit. Tu pars avec les honneurs en faisant la nique à presque tout le monde puisqu’il est écrit sur ton testament que tu refuses que n’importe quelle personnalité assiste à ton enterremment. Richard Nixon, en personne, doit se contenter de la messe de Notre-Dame… Merci d’être venu grand. Dans cette uniformité des honneurs, seul Hara-Kiri tente l’humour noir avec le fameux « Bal tragique à Colombey, un mort. » qui faisait écho aux 146 morts de la semaine passée dans un dancing. Censuré, évidemment.

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Mais comme chacun sait, le seul fait d’interdire quelque chose à quelqu’un lui donne juste envie de l’obtenir, nous avons le pourquoi de la célébrité de cette couverture. Sur ce, Charles, nous savons tous très bien que tu n’as pas besoin d’être censuré pour ne pas être oublié même si je trouve que certaines personnes ont tendance à revendiquer tout et n’importe quoi en ta mémoire. Bon vent, gros!

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