La bicyclette.

Posted on vendredi 21 novembre 2008

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Toute l’histoire du vélo démarre en 1790 comme quoi on a la révolution que l’on peut. Démarre soi-disant devrais-je dire. Puisque le bien-nommé « célérifère » inventé par le Comte « Mede de Sivrac » n’existe tout simplement pas. C’est donc l’histoire d’une supercherie. Mais pourquoi? Tout simplement qu’un historien du vélo de la fin de 19ème siècle, Mr Baudry de Saunier,  décide que c’est plus valorisant pour la France d’avoir créer l’ancètre de la bicyclette. Même si l’ancêtre n’est qu’une machine à courir sans direction, le mec se dit que puisque c’est un allemand qui l’a réellement inventé, c’est pas si con que ça. Donc il invente un personnage et il dessine des plans de sa machine qu’il nomma célérifère. Il avait une véritable passion pour les légumes. Les musées nationaux ne trouvant pas de reliques (bizarre ça!) se firent faire des copies. Et c’est ainsi que sont toujours exposés aujourd’hui, des célérifères. La fumisterie fut découverte dans les années 50′ (oui oui, 1950) par un esprit sagace qui a été vérifié les brevets et qui s’est tout simplement rendu compte qu’un célérifère existait depuis 1817 et que c’était une voiture à cheval. Dont acte, reprenons la vraie histoire après ce sympathique interlude.

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Voici donc une superbe draisienne. Elle est, bien sur, l'héritière de la douzième et l'inspiratrice de la quatorzième.

Toute l’histoire du vélo démarre en 1817 où  le baron allemand Karl Drais von Sauerbronn (société des noms à coucher dehors, bonsoir, je vous écoute.) invente la Laufsmachine qui est une machine à courir. Il la présente à Paris la même année et un brevet d’importation est déposé en 1818 par le baron Drais, qui du haut de sa modestie, nomme sa machine la draisienne. Cette fameuse draisienne connût un certain succès à l’import aux Etats-Unis et en Angleterre où on lui donna le nom de Dandy horse, Hobby Horse ou encore trotinette. Ce n’était rien de plus d’ailleurs qu’une trotinette puisqu’elle ne se propulsait qu’à l’aide d’une poussée des pieds. Cependant le phénomène s’essoufle vite mais c’est le propre des phénomènes de mode. Une fois passé le côté novateur, on y voit le côté ridicule.

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Encore trois minutes et c'est ton tour, ma mie!

Marquons donc une grande ellipse ( nom féminin du grec ἐλλείπω : elleipô (laisser de côté, négliger)) à travers le XIXè sans s’occuper de restauration, monarchie, trois glorieuses et autres Victor Hugo. Actionnons le frein à main en 1861, l’année où Pierre Michaux (qui avait une jument qui s’en est repenti) inventa… La pédale! Pas l’insulte, pas l’homosexuel.

Puisqu’on parle de ça, vous connaissez la blague? François Delanoë est en voiture avec un de ses conseillers lorsqu’il grille la priorité à un vélo. Il lui rentre dedans, c’est le choc. Delanoë sort en catastrophe mais le cycliste n’a rien. Il remonte sur son vélo et lui crie « espèce d’embrayage, va! » Bon, François remonte dans la voiture et demande à son conseiller le pourquoi de cette insulte. Voyant son acolyte bégayer, bafouiller, rougir et autres timidités, il le force à s’expliquer. Et le conseiller de lui dire : « L’embrayage, c’est la pédale de gauche… »

La pédivelle. Il crée son entreprise « la maison Michaux » pour fabriquer en série, le bien-nommé vélocipède à pédales. Celui-ci rencontre un vrai succès populaire. Notons au passage l’ingénieuse stratégie marketing pour vendre son produit à ses débuts. Le père Michaux envoyait son fils se promener avec l’engin dans les rues fréquentées de Paris et il le vendait au premier que ça intéressait.

Quasiment en même temps, un engin similaire appelé bisicle rencontrent un franc-succès aux States. N’y voyez pas là les signes que les idées sont dans l’air du temps, c’est simplement l’ancien associé de Michaux qui est allé se faire dorer le portefeuille au Nouveau-Monde. Pas radin en humour, les américains l’appelèrent « bone shaker » pour secoueuse d’os, la machine étant en bois avec des roues en bois sur des pavés. Je vous laisse imaginer le massage.

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Et la prochaine fois que vous coucherez avec ma meilleure amie, ce sera pire...

La guerre de 1870 passe par ici, passe par là mais décide de revenir plus tard. On trouve alors une utilité aux fourreaux de sabres qui sont obsolètes. On remplace les tubes pleins des vélos par ces fourreaux beaucoup plus léger. Le progrès commence alors dans le milieu et ne s’est toujours pas arrêté. En Angleterre, ils décident qu’on aurait l’air plus classe comme ça, avec une graaaande roue devant et une petite à l’arrière. C’est le fameux Grand-Bi qui n’a rien à voir avec une personne de 2 mètres des deux bords sexuels.

En 1884, un brillant anglais employé d’une usine de machines à coudre de Coventry (ne riez pas, moi aussi je me suis dit que c’était bizarre sauf que c’est l’ancêtre de Range Rover, cette société) décide de remettre les roues à taille égale, de poser une transmission par chaîne et d’installer le pédaleur à l’arrière, ce qui devait pouvoir lui éviter de faire la chute dite du « soleil ». Pour tous ceux qui ont fait du vélo, on peut dire que c’était un incapable parce qu’on a tous un jour fait le vol plané par dessus le guidon.

En 1888, attention on le connaît tous celui-ci, John Boyd Dunlop commença sa carrière dans les pneux ( et non pas, peuneux) ce qui contribua à améliorer grandement le confort du cycliste.

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Un autre exemple d'avancée sociale : après de grandes manifestations et de vives protestations sur le thème de "on vit en vélocratie", "on a quand même un droit d'vélo!", les vélos de France ont obtenu d'inverser les rôles...

Dans les années 1890, le vélo commença à avoir des vitesses et se vit fabriqué en série ce qui facilita l’accès à toute la population. De nos jours, à part quelques changements de matériaux, le vélo est identique à celui de 1900. Il est toujours le véhicule le plus répandu à la surface du globe avec plus d’1.5 milliards d’unité. Il a permis l’émancipation des femmes en créant de nouveaux vetements adaptés, les libérant ainsi plus ou moins du corset. C’est ainsi qu’en partant d’un allemand un peu con qui s’était dit

« Tiens, je vais inventer une machine à courir et comme je suis un peu hype, ça va marcher!

– Attends Helmut, je veux bien que les gens soient cons mais un truc sur lequel on s’asseoit et qu’on pousse avec les pieds, ça ne marchera jamais surtout si on prend en compte les gadins que vont se prendre les gens sur ta connerie sans moyen de s’arrêter… »

-Jean-Louis! (oui, c’était un expat’) Ca va marcher! »

Et finalement, c’est lui qu’a eu raison. C’est beau le progrès…

Bicycle Race – Queen

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