Charles De Gaulle – Second Acte.

Posted on mardi 18 novembre 2008

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Nous nous étions arrêtés en 1927, tu venais d’être affecté à Trêves. En 1929, tu es nommé au Proche-Orient qui s’appelle encore le Levant. De Gaulle au Levant, je suis sur que tu as dû beaucoup user de ton influence pour que cette région du globe change d’appellation. N’empêche que tu étais affecté à Beyrouth qui n’est pas si loin que ça du Boukistan… Las de toutes ces moqueries, tu rentres en France en 1931 où tu travailles pour le secrétariat général de la défense nationale à Paris. Un poste qui te prend énormément de temps puisque tu as le temps d’écrire trois bouquins et de t’initier aux affaires de l’état. Tu fréquentes les pontes de la nation et tu ne tardes pas à te créer des ennemis. Notamment Léon Blum (qui, plus tard, aura une belle carrière d’acteur en jouant dans Pirates des Caraïbes) qui te reproche ton idée de former une armée de métier car il craint que celle-ci soit utilisée contre le peuple, idée que tu ne réfutes pas, bien au contraire. Et puisque l’on parle de boum (je sais, elle est facile), le 3 Septembre 1939, tu es nommé Commandant des chars de la Ve armée – c’est ta promotion spéciale entrée en guerre.

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Nous aussi, on veut un grand nez! Nous aussi, on veut un grand nez!

La seconde guerre mondiale vient d’éclater. D’ailleurs mondiale, mon cul. Elle était juste mondiale de notre point de vue occidentaux, c’est à dire qu’elle ne comportait que les pays qui nous intéresse. Le 6 Juin 1940 après une grande ballade dans toute l’est de la France avec une escorte de blindés, quelques rixes amicales avec l’ennemi et quelques pertes en route, tu es nommé au ministère. Amer, toi? Non, car tu as pour mission de coordonner l’action franco-anglaise. Le 9 Juin, tu rencontres Churchill (feriez-vous confiance à quelqu’un qui, si on traduit littéralement son nom, s’apelle EgliseMalade? Moi non plus, ça fait trop peau rouge) que tu tentes de convaincre de l’utilité de mettre plus de forces dans la bataille. Le 10 Juin, tu quittes Paris, le prix du mètre carré commençant à être beaucoup trop élevé (et bien élevé, le bougre) pour toi. Tu te retrouves le 16 à Londres pour lire le fameux texte de la Anglo-French Unity qui voulait faire de nos deux pays, une seule et même nation. Juste coupée par la Manche, en somme. Mais le jour où ce projet doit être mis en application ce texte, Paul Reynaud démissionne et laisse la place vacante à Pétain. Tu files donc à Londres où tu prononces le 18 Juin 1940, le fameux « appel du 18 Juin ». Original, comme nom.

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C’est en cherchant des champignons en forêt que Jean-Louis Trelignac a retrouvé cette relique. En effet, le consortium des musées de France est heureux de vous présenter la Pelle du 18 Juin.

Le 2 Août 1940, tu es condamné à la peine de mort par contumace, qui vient du latin contumacia ce qui ne nous aide pas beaucoup, mais en gros tu ne t’es pas présenté au procès. En même temps, pour venir de son plein gré à un procès où l’on encourt la peine de mort, il faudrait être complètement chabraque. Surtout pour trahison. Tu deviens alors le chef d’orchestre de la France libre, celui qui coordone et permettra à tous les français de se prétendre résistant quelques années plus tard. Tu vis quasiment toutes tes années de guerre à Londres, au côté de Winston Churchill qui finira par te surnommer « Jeanne d’Arc » (parlez de transition) à cause de tes accents belliqueux envers l’Angleterre et les USA.

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De Gaulle à Churchill : "Bon Gollum, quand t'auras fini de nous raconter ta vie, on pourra peut-être passer aux choses sérieuses!"

Mais faisons avance rapide pour aller directement à la fin de cette guerre. Nous sommes le 14 Juin 1944 et tu arrives à débarquer sur la plage de Courseulles-Sur-Mer, non loin des communes de Marchonsàplusieurs-Sur-Océan et Sprintensemble-Plage. Tu montes libérer Paris le 25 Août 1944 avec le général Leclerc, qui avait pris beaucoup d’avance sur le maréchal Carrefour et le colonel Champion à tes yeux. Le 9 Septembre, après avoir pris un bain de foule sur les Champs-Elysées, tu prends la tête du gouvernement provisoire français. Tu attribues le droit de vote aux femmes et tu mets en place la sécurité sociale. Quand on voit après ce que certains ont fait en ton nom, mon vieux, tu dois avoir fait la toupie dans ta crypte. Tu démissionnes de ce haut-poste le 20 Janvier 1946 car tu estimes avoir rempli ta mission de « libérer le territoire, restaurer la République, organiser des élections libres et démocratiques, entreprendre la modernisation économique et sociale » et tu aimerais avoir un moment pour aller faire caca tranquille.

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"Ma bonne Yvonne, je n'y comprends strictement rien. Je débarque juste les Champs-Elysées pour acheter deux, trois babioles et je suis submergé par une foule immense. D'accord, j'ai libéré la France mais je n'ai pas marqué deux buts en finale de Coupe du Monde, allons! Ayez le sens des priorités, braves gens!"


Tu fondes en 1947 le parti politique du RPF (rassemblement pour le peuple français) en surfant sur la vague de liesse qui t’entoure. Tu gagnes rapidement les municipales et quelques chaises longues au Sénat. Cependant, une fois passé la reconaissance, les français n’étant pas si con, ils se rendent bien vite compte que tu es comme les autres. Après plusieurs échecs, tu décides de mettre le parti en sommeil en 1955. Apparemment, il dort toujours…

Tu te retires alors à Colombey-Les-Deux-Eglises pour rédiger tes « Mémoires de guerres ». Le lecteur comprendra bien vite que tu n’avais plus de boulot et qu’il te fallait gagner ta croute. Mai 1958, 10 ans avant les événements des bobos parisiens : la France tortille du cul entre deux options. Algérie française ou Algérie algérienne? Les débats finissent en quasi-guerre civile. C’est pourquoi René Coty (en bourse) fait appel au plus illustre des français. Il te passe alors le flambeau de président de la République le 1er Juin 1958. Ainsi, tu décides de tout réformer. La quatrième république, ça sonne pas très bien. Tu penches pour la cinquième parce que tu t’es rendu compte que tu savais faire un V avec tes doigts. Tu réussis donc haut la main ton intérim de 6 mois, les français votent à 80% oui pour ta réforme de la constitution et tu es élu 1er président en Décembre 1958 par les 80 000 grands électeurs de l’époque. On peut bien se foutre des américains et de leur système hein…

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"Oh, la belle paire de miches qu'elle avait. On pouvait y mettre la tête! Ah oui, vous pouvez me traiter de menteur, je jure que c'est vrai!"


Le 4 Juin 1958, tu donnes un discours à Alger devant une véritable marée humaine. Tu commences ton discours par le célèbre « Je vous ai compris! » et tu réussis à escroquer tout le monde. En effet, chacun prend cette affirmation pour lui, les partisans de l’Algérie française ainsi que les indépendantistes. De l’art de plonger dans le grand bain sans se mouiller mais en éclaboussant quand même. Dans toute cette crise algérienne, nous noterons que tu n’as jamais hésité à faire usage de la force, de la violence et de la cruauté. Tu exigeais toi-même les tortures. Prenons pour exemple, cette répression sanglante d’une manifestation pacifique des nord-africains qui protestaient contre le couvre-feu qui leur était imposé. Dans le pays des droits de l’homme, sous la tutelle du héros de la résistance, on impose un couvre-feu aux arabes. La routine. Bilan du 17 Octobre 1961 : entre 30 et 300 morts (selon la police ou les organisateurs de cette petite sauterie). N’oublions pas le fameux épisode du métro Charonne. Le 8 février 1962, 9 personnes trouvent la mort lors d’une manifestation pacifique contre la guerre en Irak Algérie. Soi-disant étouffées par les grilles du métro. Les fameuses grilles qui sortent de leur structure et qui fracasse les nez, oreille et sans faire plus attention, parfois tout le visage. Non mais! Faites très attention aux grilles du métro. Bref, en Juillet 1962 sont signés les accords d’Evian pour accorder l’indépendance à l’Algérie. Pourquoi Evian, me direz-vous? Parce que Paris, c’était trop propre pour des arabes et que Vittel avait pas pu s’aligner sur l’offre d’Evian.

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"Allez, tous avec moi, on tape des mains! Quand je stoppe sur mon flex..."

Le 22 Août 1962, tu échappes de peu à un attentat au Petit Clamart. 100 douilles sont retrouvées sur les lieux de l’attentat. Tu dois la vie à ton chauffeur qui a eu la bonne idée d’accélérer dès qu’il a flairé le danger. Tu as une réaction pour le moins sympathique puisque tu déclares : « Cette fois, c’était tangent. Ces gens-là tirent comme des cochons » avant d’ajouter que « C’aurait été une belle fin ». C’est le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry (choisis un prénom, merde) qui est le cerveau de la bande. Tout le reste du corps sera gracié par De Gaulle sauf lui puisqu’il est reconnu coupable d’avoir ordonné de tirer sur une voiture dans laquelle se trouvait une femme. Ce sera le dernier fusillé français. Tu profites de l’émotion suscitée par l’attentat pour lancer un référendum sur le suffrage universel. Les français votent oui avec enthousiasme malgré la campagne pour le non que mène… La gauche! (Quand on est con…)

Le 19 Décembre 1965, tu es reélu pour 7 ans mais cette fois-ci au second tour. Tu es mis en ballotage par François Mitterand et Lecanuet (il n’y en a qu’un). Faut dire aussi que tu avais décidé de ne pas faire campagne, ça compense un peu. Tu entres dans ce mandat avec enthousiasme mais plane sur toi la menace de Mai 1968…

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