Wolfgang Amadeus Mozart.

Posted on mercredi 4 février 2009

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Monsieur Mozart, bonjour. Tu nais le 27 Janvier 1756 sous le nom de Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus Mozart, que tu abrèges en Wolfgang Amadeus Mozart. Au responsable de cette abréviation, j’aimerais dire que la prochaine fois, vous feriez mieux de prendre un vrai raccourci. Comme WAM. Parce que retenir ça en même temps que les 151 pokémons, c’est trop compliqué pour les mômes d’aujourd’hui. Tu nais à Salzbourg, ville du Saint-Empire Romain Germanique (même remarque que plus haut) dans laquelle les amendes étaient – paraît-il, je n’y étais pas – très salées. Cette commune est aujourd’hui autrichienne, ce qui leur permet de décrocher les lauriers de ta gloire, soigneusement posés près de ceux de Romy Schneider, Gustav Klimt, Sigmund Freud, Arnold Schwarzenneger et Adolf Hit… Ah non, pas lui.

Ton papa s’appelle Leopold et ta maman Anna Maria Pertl (ne me demandez pas comment ça se prononce, je n’en ai aucune idée, vous savez moi et les sauvages…). Leopold est vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg et réputé pour avoir de grandes notions de pédagogie, son épouse est juste son épouse et à l’époque, c’était bien suffisant pour elles, nan mais ho! Où va le monde?

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Okay tu avais du génie dans la musique mais tu as bien fait de ne pas faire coiffeur...

Tu te montres extrêmement précoce dès ton jeune âge. Ainsi, tu fais ta première crotte à 6 heures, ton premier pipi à 8 heures, à 12 heures tu es sur un vélo, à 12h01 tu tombes mais l’intention était là. C’est sur qu’à côté, savoir jouer du piano à 5 ans, ça a du juste emmerder tes parents d’attendre si longtemps. A 3 ans, tu démontres d’étonnantes facultés auditives musicales. Tu possèdes l’oreille absolue, c’est à dire que tu reconnais les notes de musique sans aucune aide écrite et dès le premier coup. Ton père y voit directement une source de profit splendeur et t’inscrit aux cours de clavecin, sorte d’ancêtre du piano. (On a dit partout que tu étais un petit génie et tout mais si c’était ton professeur qui était extrêmement doué? Personne n’y a pensé à ça hein? Je vais écrire une histoire, j’aurais le Pulitzer avec ça moi.) Tu as donc 5 ans et dans la foulée, tu apprends l’orgue, le violon et la composition.

Tu pars alors en tournée. On est en 1762, tu as 6 ans! Munich, Vienne, Francfort, Bruxelles, Paris, Londres, La Haye, Amsterdam,  Lyon, Génève, Lausanne et plus encore. De là à avancer que tu es la première rock star, pourquoi pas?  4 ans de voyage pendant lesquels tu émerveilleras les auditeurs à chaque passage et tu sauras tirer le meilleur de chaque culture et de chaque rencontre. A 11 ans, entre deux tartines de Nutella, tu écris ton premier opéra alors que tu as encore du chocolat sur les joues : Appolo et Yacinthus. L’année d’après, tu en composes deux, Bastien et Bastienne et La Finta Semplice, en commençant doucement à regarder sous les jupes des filles. Peu après, tu es nommé maître de concert et tu pars en road-trip en Italie avec ton père. Pas le must pour draguer. Tu y apprends toutes les bases de l’opéra, ce qui nous laissera tes plus belles œuvres : Le mariage de Figaro (avec un riche industriel français? Ah non, c’est pas le même), la Flûte Enchantée (des politiques français? Ah non, c’est pas la même). Le pape Clément avec un numéro que j’ai oublié mais on s’en fout, c’est pareil, disons le 15. Pardon. Le XV. Bref, il te fait chevalier de l’éperon d’or et ça, c’est quand même pas de la merde. Le 16 décembre, ton patron le Prince-Archevèque passe le violon à gauche. Il est remplacé par le même mais qui s’appelle Colorredo et qui est démocratiquement élu. Nan, je rigole.

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Pour qui? La postérité? Mais je m'en fous de cette conasse moi, je veux aller faire du vélo!

Tu as alors 17 ans et tu es brimé par ton nouveau boss. Il t’impose la forme de tes œuvres et n’aime pas trop te savoir en voyage, tu te renfermes alors pendant 3 ans avant de partir et d’aller écluser ta crise d’adolescence à Munich. Cependant, tu ne trouves pas de boulot dans la bonne vieille cité bavaroise (j’en connais qui doivent encore s’en mordre les couilles outre-tombe) et tu files pour Augsbourg puis Mannheim où personne ne veut de toi non plus. Tu tombes amoureux d’une cantatrice ce qui provoquera une rage noire de ton père qui te dira que la gloire n’a pas le temps pour les galipettes. Il te mettra une fessée en te rappelant entre chaque revers de la main de ne-pas-oublier-ta-carrière! Tu pars alors vers la France et Paris pensant les français plus enclins à ta gaudriole en oubliant que c’est déjà la crise à cette époque. Tu as donc du mal à survivre. Nous sommes en 1778 et ta mère meurt le 3 Juillet… Tu rentres dépité à Salzbourg en faisant un crochet par Munich pour revoir ta cantatrice qui te balance un uppercut en pleine face en t’apprenant qu’elle est amoureuse d’un autre. Le 29 Janvier 1779, tu récupères ton poste auprès du prince-archevêque.

Novembre 1780, c’est une seconde vie qui commence pour toi. L’opéra de Munich te commande une œuvre. Ce sera « Idoménée, roi de Crète » et un succès triomphal. Le prince-truc t’emmène alors à Vienne comme un faire-valoir. Sur place, il te traite de « voyou », de « crétin » et de « peine-à-jouir » mais, au sujet de ce dernier, nous ne voulons pas en savoir plus. Tu t’installes alors dans la capitale autrichienne chez une certaine Madame Weber. Tu tombes follement amoureuse de la petite Constance Weber qui devient ta femme quelques mois après alors que tel un petit foufou, tu n’attends même pas l’autorisation de ton père. Ton émancipation est totale. Tu te maries donc le 4 Août 1782 alors que tu viens juste de terminer un opéra « L’enlèvement au sérail » pour l’empereur Joseph II.

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En hommage à Bilbo le Hobbit, Mozart s'habillait déjà comme lui en 1790. Vous avez (encore) dit précoce?

En 1784, tu entres dans la franc-maçonnerie (une association de gens proches de l’Espagne, très velus et adeptes de travaux manuels tels que le montage de parpaings ou de briques) et tu écris plusieurs oeuvres pour tes frères maçons tels que « Maurerische Trauermusik » ou encore « La Flûte enchantée ». Lorenzo Da Ponte, un de tes amis, réussit à convaincre l’empereur la création d’un opéra basé sur « Le Mariage de Figaro » de Beaumarchais. Ce sera donc les « Noces de Figaro » en 1786 et malgré son succès considérable, jamais démenti depuis, il sera très vite retiré de l’affiche.

200 ans avant ma naissance, pardon de t’avoir porté la poisse, en 1787 ton père décède. Cette nouvelle te bouleverse et influence énormément la création de l’opéra que tu avais en chantier. Don Giovanni ne sera qu’un demi-succès malgré son indéniable beauté. Alors mon petit Wolfus, tu commences à tomber en déchéance. Tu ne sais pas gérer ton argent, tu es criblé de dettes alors que tu es grassement payé pour ton œuvre abondante. Pour ne rien arranger, ton grand ami l’empereur Joseph Two décède et tu ne te retrouves plus vraiment apprécié de son successeur.

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Peu de temps après, Champollion déchiffrera les hyéroglyphes.

1791, tu finis par enfin composer la Flute Enchantée dont on a déjà parlé deux fois dans cet article. Tu meurs le 5 Décembre à 1h du matin. La nation n’est pas en deuil total comme on pourrait le supposer. Tu es enterré dans la banlieue de Vienne dans une sorte de fosse commune, signe d’un génie méconnu. Beaucoup de gens pensent encore qu’Antonio Salieri était ton ennemi juré se basant sur la vérité absolue des films qu’ils voient à la télé. Ceci est faux. Antonio était l’une des rares personnes présentes à ton enterremment et il fit même l’éducation musicale de ton dernier fils après ta mort.

Tout ceci nous emmenant donc au proverbe final : un silence après du Mozart, c’est toujours du Mozart alors faut surtout pas que quelqu’un pète.

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