Iossif Djougachvili – 2ème partie.

Posted on samedi 31 janvier 2009

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Tu m’excuses pour hier, Joseph, mais j’avais des trucs à finir et tu n’es plus pressé maintenant, je peux te faire attendre un peu. Nous étions donc en 1935 et déjà, les premiers opposants à ton régime de bananes se faisaient connaître. Dans leur profonde intolérance, ceux-ci montent même une 4ème internationale par le biais de Léon Trotski. Mais Ramon Mercader, un de tes agents préférés pour sa petite moustache et son petit cul moulé dans son pantalon de toréro, assassine ce dernier au Mexique en 1940 pendant que tu envoies tous les dissidents compter les flocons de neige en Sibérie. Et que tu mènes ce que l’histoire gardera comme « La Grande Purge » avec la facilité que cette connasse a à donner des petits noms aguicheurs à des événements morbides. Chaque opposant est prié de fermer sa gueule comme si on était au cinéma. Tu prétends que c’était pour éviter de te faire prendre en traitre alors que la guerre mondiale éclaterait. Permets-moi d’être sceptique surtout si l’on apprend que tu as même fait fusiller des membres de ta famille pour dissidence et pas que le slow.

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Avis d'exécution : ce peintre qui me casse les couilles.

Passons tout de suite au sujet qui vous intéresse, la World War Two comme disent nos amis d’Outre-Atlantique. Après deux toutes petites batailles de frontières de rien du tout avec le Japon et la Mongolie, tu entres tête dans le guidon dans la guerre. Chien fou, tu entres en Pologne, tu prends la Finlande, les états baltes puis la Moldavie, le tout en ayant le temps de te lisser la moustache et de faire quelques courbettes à Hitler afin que celui-ci ne t’ennuie pas. ERREUR! Grossière erreur! Celui-ci rompt le traité de non-agression en faisant entrer la Wehrmacht en URSS sans valider son ticket. Tu avais pourtant refusé d’y croire, tu faisais fusiller tes fidèles qui te mettaient en garde au sujet de l’homme à la moustache. Bien mal t’en prit. Tu écris alors dans ton journal intime « Il m’a trahi, ce salaud, j’lui cause plus » avant de bruler ce dernier dans un élan de fanatisme. Les allemands échouent dans leur invasion à 22 kilomètres seulement de Moscou et ressentent alors les boules qu’on a aujourd’hui quand un téléchargement se bloque à 99.9%. Il y a quand même une justice, ils ne sont pas que pour nous les grands maux de la vie. Les schleus décident de se rabattre sur Stalingrad, ville ô combien symbolique pour t’humilier grandement. Ils échoueront là-bas aussi, comme quoi à part le foot… Et pendant que les alliés débarquent en Normandie en ramassant toute la gloire et en signant des contrats avec Spielberg (qui a pour initiales SS, vous noterez que c’est troublant), c’est ton armée qui faisait tout le boulot en détruisant 79.865% de la puissance allemande. Et ne faites pas gaffe à ce pourcentage, c’est pour faire professionnel.

1945, la guerre est finie. Tu te nommes toi-même le « Généralissime »,  un matin où tu te rasais en te regardant dans ta glace et que tu trouvais que Joseph, ça faisait trop voisin de palier. Tu décides que l’hymne soviétique ne sera plus l’internationale mais un chant à ta gloire. Tu places sous ta direction tous les pays que tu as traversé et tu fais le bilan de tes morts en jouant à la belote. 25 millions de cadavres pour environ 20% de la population russe de l’époque. Joli score. Vient ensuite le Kominform, cette sorte d’amicale internationale des buveurs de rouge à bob Ricard qui rassemble tous les Parti Communiste d’Europe.

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Et De Gaulle, il est où? Bah, il prend la photo...

1949, tu as 70 ans, vieux croûton et tu t’accordes un anniversaire spectaculaire. Une sorte de surprise party dans tous le pays, où personne n’est invité mais tout le monde doit venir. C’est le pic Staline, cette époque où le culte de ta personalité est à son paroxysme. Tu crées même des Prix Staline pour concurrencer les Prix Nobel… Ca va les chevilles? Tu prends ton plus joli stylo bic et tu reécris aussi les livres d’histoire. Ainsi, tu deviens le co-auteur de la Révolution russe, père d’Adam et Eve, responsable du pet qui a déclenché le Big Bang et aussi inventeur du fil à couper le beurre, sans pour autant t’en vanter des masses. J’ai déjà dit que c’est pas joli joli d’écrire sa légende alors la modifier, permets-moi de te dire que c’est pathétique.

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Pourquoi il est là, Christophe? Parce qu'il a crié "Staline, pour qu'il revienneeeee!"

Le 28 février 1953, tu sors du bureau. Il est aux alentours de 16h30 (et après, on dit des fonctionnaires mais les dictateurs, c’était quand même quelque chose) quand tu montes dans l’une des trois voitures qui t’attendent. Paranoïaque comme tu es, il y en a deux qui sont des leurres et qui prennent un itinéraire différent. Tu arrives à ta Datcha (à tes souhaits) non loin de Moscou puis tu montes te coucher dans une de tes 7 chambres blindées. Tu ne sors pas de ta chambre du lendemain et au soir, le chef de la garde s’inquiète. Il réunit des camarades pour savoir que faire. Ils ont très peur de déranger et de recevoir un coup de martinet sur leurs fesses rouges mais ils se décident quand même. Ils te retrouvent mort mais mettent 6 heures avant d’appeler les médecins et ils invoqueront pour leur défense après que tu ne leur avais pas dit de le faire. C’est pas faux.

9 Mars 1953, tes grandioses funérailles se soldent par des bousculades faisant des centaines de victimes. La suite, c’est Nikita Khrouchtchev qui la donne. L’Urss rompt avec le stalinisme par texto, ton corps est retiré du mausolée de Lénine et Stalingrad devient Volgograd. Mais il réforme la forme et pas le fond, ce qui mènera tout le monde aux gentils événements des années 80′. Mention spéciale à Klement Gottwald, alors président de la Tchécoslovaquie, qui prend froid lors de la cérémonie d’enterrement et qui décède une semaine après. Même mort, tu tuais encore.

fg

C'est le petit Picasso qui nous a fait un beau portrait de toi. Il est tout juste âgé de... Ah bon, 72 ans. Merde.

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