Jean Moulin

Posted on lundi 24 novembre 2008

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Salut Jeannot! Tu nais le 20 Juin 1899 à Béziers sous le nom complet de Jean-Pierre Moulin. Tes parents sont Blanche Pègue et Antonin Moulin. Tu es le quatrième et dernier de la fratrie après Joseph, Laure et X – celui dont l’histoire n’a pas jugé utile de retenir le nom, elle avait déjà trop de boulot. Ton père est un ardent défenseur de la République ainsi que ta mère. Ils forment un couple progressiste pour l’époque puisque Blanche est très instruite. On peut donc dire que ton père avait fait bonne pêche (ins-truite – pêche oh oh oh). La famille Pègue est très implantée dans la région, nous pouvons donc dire qu’elle faisait partie de la Pègue locale.

Tu grandis, tu grandis et nous arrivons à tes 15 ans lorsque la grande Guerre éclate. Tu composes des caricatures qui sont publiées dans des journaux locaux et qui dénotent d’un talent certain. Ce qui faisait d’ailleurs parfois dire aux amis de ton père lorsqu’ils discutaient avec lui : « Ton Moulin va trop vite! ». En 1917, tu obtiens ton bac et tu t’inscris à la faculté de droit de Montpellier et sur recommandation de ton père, tu entres au cabinet du préfet de L’Hérault, ce qui ne signifie pas que tu nettoyais les chiottes. Tu es mobilisé le 17 Avril 1918 comme tous les jeunes de ton âge et vous êtes envoyé en road-trip jusqu’à la Moselle, vers Dun et tout ce coin là. Ces visions d’horreur te laissent une impression étrange…

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Bon, Oscar Wilde, tu arrêtes tes conneries et tu nous rends Jean Moulin, merci!

En Octobre 1919, tu es démobilisé et tu retournes à tes études et à ton préfet. Tu adhères en 1921 aux jeunesses laïques et républicaines pour séduire les jeunes filles libérées de la « Belle époque », surnom sympathique de l’entre-deux guerres. En 1922, tu es nommé chef de cabinet du préfet de la Savoie (tranquille et toi?) et tu as de plus grandes responsabilités : maintenant, c’est toi qui tire la chasse. En Juillet, tu exposes des aquarelles et autres dessins humoristiques sous le pseudonyme de Romarin puisque ton poste ne te permettait pas de telles divagations. A 26 ans, en 1925, tu deviens sous-préfet de Savoie. Tu te maries en 1926 à Marguerite Cerruti, qui te permet de mettre un premier pas dans le milieu de la mode. Bon, non, rien à voir avec les couturiers. D’ailleurs, tu as du te rendre compte de la supercherie aussi puisque tu divorces deux ans après en 1928. En 1932, après diverses occupations, tu es nommé chef de cabinet au ministère de l’Air. Tu deviens le plus jeune préfet de France en 1938, à 39 ans. Quand on voit que le plus jeune président américain avait 41 ans, tu avais un peu de retard. En 1939, après la Charente, tu es muté à Chartes afin d’y admirer sa cathédrale.

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Maman, prends vite la photo, y a la Star Ac' qui commence!

Mais la guerre éclate! Tu es arrêté par la police allemande pour avoir refusé d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais d’avoir commis des immondices sur la personne d’habitants d’un vieux patelin français qui avait été, en fait, bombardé par les allemands. Tu es alors enfermé et maltraité pour refus de coopération et tu tentes de te suicider avec un bout de verre brisé qui te laissera une jolie cicatrice à la gorge que tu cacheras dorénavant, révélant ainsi le secret de ta petite écharpe. Septembre 1941, tu rallies enfin Londres après un long périple par l’Espagne et le Portugal. S’il y en a qui passent par la manche, tu as choisi d’y aller par les chaussettes. Chacun son choix. Tu rencontres le Général de Gaulle à qui tu dresses le bilan et l’état de la résistance en France libre. A partir de là, tu prends le surnom de Rex. Celui à qui Grand Charles disait : « va chercher, les infos! »

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1) On veut un accès wi-fi dans tous les bistrots.

Tu récupères ton pseudonyme de Romanin pour officier en tant que galériste d’arts à Nice ce qui te servira de couverture crédible. En Février 1943, tu es décoré de la Croix de la Libération par De Gaulle et tu aurais eu l’air bien con si la France n’avait pas été effectivement libérée. Tu retournes en France en Mars sous le nom de « Max » et tu es bel et bien une menace puisque tu crées, au nez et à la longue barbe mal rasée des officiers allemands, le Conseil National de la Résistance. La séance d’inauguration se tient à Paris, au 47 rue du Four. Ça ne s’invente pas.

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Chapeau mou, regard dans le vide, sourire niais. Tu serais pas socialiste toi?

Tu es arrêté le 21 Juin 1943 (tu n’auras même pas pu profiter de la fête de la musique, c’est salaud ça) dans la paisible commune de Caluire-et-Cuire (ça ne s’invente toujours pas). Le chef de la gestapo, Klaus Barbie s’attelle à ta torture pendant que Helmut Ken fait la cuisine. Tu meurs le 8 Juillet 1943, dans un train, aux environs de Metz, alors que tu étais emmené vers les camps de concentration. On aurait alors enfin pu infirmer le fameux proverbe et dire que « on peut être à la fois au four et Jean Moulin ». Dommage…

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Après ton entrée au Panthéon aka le plus grand cendrier du monde et les honneurs qui vont avec, tu subis l'affront de sentir la salive de toute la France te lécher la face. Ils sont timbrés.

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