Boris Vian. (Partie 1)
Mardi 24 mars 2009
Salut Boris, sais-tu que c’est le premier article sur quelqu’un que j’apprécie? Cela mérite d’être souligné. Pour raviver à la mémoire des jeunes pousses que tu as existé avant tes fameux tubes “Miss Camping” et “Soirée Disco”. Tu nais le 10 Mars 1920 à la Ville d’Avray. Tes parents s’appellent Paul Vian et Jeanne Brousse, tous deux très aisés. L’un est rentier et l’autre est héritière. De nos jours, on appelerait cela des “people”, ces gens qui sont connus car ils passent dans des journaux où sont des gens connus. Chacun de leur côté, tes parents vivent une vie d’orphelin, frappés par la destinée des solitaires. Ils se rencontrent (forcément, me direz-vous) et vont vivre à Ville d’Avray, cité d’art et de rébellion contre la religion et l’armée, cette ambiance imprégnera fortement le petit Boris qui saura s’en resservir à bon escient. Mais en attendant, tu es tout jeune et tu gambades à travers champs et blés tandis que la grande crise virevolte, elle, en sens inverse jusqu’à l’inévitable collision. 1929 donc, tes parents sont obligés d’habiter dans la maison du gardien et de louer la villa à la famille Menuhin, dont le fils Yehudi fut un grand violoniste. Ton papa se retrouve obligé de travailler! Diantre, quelle grossièreté. Où va le monde si les honnêtes rentiers sont obligés de bosser pour organiser des soirées mondaines? Brrr, ça me gèle les os.

Je m'en fous, je ne regarderais pas l'objectif, vous n'aviez qu'à pas me donner cette chemise hideuse à la fin!
En 1932, tu as 12 ans et c’est le semi-drame. Les médecins diagnostiquent une crise de rhumatisme articulaire aiguë, entrainant une insuffisance aortique – comme quoi les médecins n’ont pas attendu le XXIème siècle pour mettre des mots compliqués partout et encore, on s’en sort bien, on n’est pas allemands. A tes 17 ans, tu entres au lycée Condorcet, à ne pas confondre avec le Con d’Orsay, d’ailleurs passons tous le bonjour à Monsieur Kouchner. Petite anecdote amusante au sujet de ce fameux lycée, il a été renommé “Lycée Karl Marx” pendant quelques jours en Mai 1968, car les élèves voulaient que leur établissement porte un nom de révolutionnaire. Ce n’est qu’après avoir appris qu’ils n’avaient pas besoin d’aller chercher si loin qu’ils rendirent son ancien nom et ses honneurs au révolutionnaire français Nicolas de Condorcet. Insouciance de la jeunesse… (Je reste poli, note bien Boris) Bref, dans ce lycée, tu passes sans grand dommage les épreuves successives et tu te retrouves en classe de prépa scientifique. Tu entres ensuite à l’école centrale de Paris. Bref, tu sembles pré-destiné à une belle carrière de rond de cuir.
Sauf qu’un engin un peu spécial vient de frapper le sol de Paris en soulevant des huées et des applaudissements. Le jazz divise le peuple mais toi, il te multiplie. Tu deviens LE Boris Vian, celui qui touchera à tout au cours de sa vie. Mais l’histoire, celle qui fout le bordel dans la géographie, décide de faire des siennes. La guerre éclate comme une bombe à eau beaucoup trop remplie, le 3 Septembre 1939. Tu es réformé à cause de ta maladie du coeur. Une fois n’est pas coutume, elle t’aura sauvé la vie. En Juillet 1940, toute ta petite famille descend vers la Gironde et tu les rejoins à vélo. Le 21 de ce même mois, tu rencontres Michelle à une surprise-party sur la plage et elle te présente un peu plus tard Jacques Loustalot, un jeune homme foutraque de 15 ans qui marche sur les toits, sort de chez les gens uniquement par la fenêtre et se fait appeler le “bienheureux major de retour des Indes” et apparaîtra sous ce nom dans tes romans.

Ma petite maman chérie, je vais faire les courses, je n'oublie pas le lait et les œufs. Pense à pendre mon linge.
Tu te maries le 3 Juillet 1941 avec Michelle. C’est à cette période que, poussé par ta femme, tu te lances dans l’écriture. Un beau jour, alors que tu te promenais avec celle-ci et le Major, un événement vient bouleverser ta vie sur les quais de l’île Saint-Louis. Ayant échappé à la censure de l’époque, beau comme des ânes en plâtres et gémissant sur ton chemin des “prends-nous, prends-nous” aussi pitoyable qu’arrache-coeur. C’est ainsi que tu fis connaissance avec les premiers polars américains. Ta précieuse t’apprend alors l’anglais en te traduisant ces romans et des chansons de jazz aussi, parce que quand même le jazz c’était quelque chose pas comme ces sauvageons d’aujourd’hui non mais alors ma pauvre Lucette on vit une époque pas croyable!
En Juin 1942, tu obtiens ton diplôme d’ingénieur et tu débutes à l’AFNOR (l’Association Française de NORmalisation, mais oui bien sur) où tu t’emmerdes comme jamais! Heureusement, tu joues dans un big band de jazz et cela te sert d’échappatoire. Tes collègues pourront se reconnaître dans leur métier avilissant mais n’en feront rien, trop occupé à rire de la description de ces gros idiots. Puis passe la guerre et ses flonflons, les 60 millions de résistants (clin d’oeil rigolard), le général de Gaulle tapi à l’ombre (ou Londres, je confonds toujours) et les monuments aux morts tout prêts à sortir des usines. Avance rapide jusqu’en 1944, 22 Novembre. Ton papa est assassiné en pleine nuit par des cambrioleurs. C’est quand même balot de mourir ainsi, banalement, en pleine guerre. Le destin n’est pas toujours caucasien.

Le club du strabisme est malheureux de devoir refuser votre collaboration, Monsieur Vian.
La fin de la guerre, la libération, l’euphorie collective. Toi, tu t’en fous. Très austère, tu regorges de manuscrits. Si l’on en juge par ta bibliographie, il y a 6 oeuvres qui sortent entre 1946 et 1947 et pas des moindres. Tu fais la connaissance de Raymond Queneau (pour qui a déjà mangé des quenelles, je ne vois pas comment l’on peut simplement envisager de faire confiance à un garçon avec un nom pareil) qui fait partie du jury du prix de la Pléiade. Tu décides donc d’écrire un roman pour remporter cette distinction, réaction normale d’orgueil totalement banale que de se dire “tiens, maintenant que j’ai un peu de temps tranquille aux toilettes, si je remportais un concours littéraire?” N’empèche que je me moque de toi, mais le bouquin en question, c’est “L’écume des jours” et qu’il ne remportera justement pas le prix, c’est ce qui fait la beauté du geste. Tu perds en “finale” dans ce concours d’influence (chaque membre du jury reçoit plus ou moins des consignes) face à un autre écrivain de renom… L’abbé Jean Grosjean! Moi, je comprends que tu aies perdu face à un tel monstre auquel la postérité a ouvert grand ses bras et n’a laissé personne omettre l’illustre nom de ce non moins illustre monsieur. Arrête d’être mauvais joueur, Boris!
L’Horoscope.
Lundi 16 mars 2009

Ô, comme c'aurait été savoureux au féminin...
Ce matin, en entendant un horoscope dans les toilettes qui allument la radio automatiquement d’une charmante jeune fille, m’est venue une pensée qui me semblait tellement évidente que je me flagellais mentalement de n’y avoir pas pensé avant. Sérieusement, l’horoscope! Ou comment faire avaler à tout le monde en lui matraquant sereinement chaque matin de l’année, car c’est bien connu les astres ne reposent pas, qu’un quelconque prédicateur peut vous délivrer à chaque aurore des messages personnels à travers des quotidiens paraissant à plus de 200.000 exemplaires. J’ai connu des gens qui ne lisait que l’horoscope dans les torch… Pardon, journaux. Et c’est là que l’on peut vérifier cette idée que les gens les plus influencables ont besoin d’avoir une emprise même dérisoire et illusoire sur leur vie.
Parce que, prenons les balances aujourd’hui : on leur dit que côté humeur “Vous aurez tendance à excuser tout le monde autour de vous. Méfiez-vous cependant qu’on ne profite de vous !” L’exemple type de phrases passe-partout qui ne signifie rien. Les lecteurs se diront simplement qu’ils sont prévenus et qu’ils feront gaffe. Et le reste est à l’avenant, des phrases bateaux qui feraient couler le second Titanic (qui d’ailleurs, s’appelera “le Titanic et se repose après”) Bon, à mon tour maintenant. Comme vous le savez tous surement, au vu de ma notoriété, je suis Cancer. Et pour les cancers, il est dit que :
| Votre Humeur : |
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Vos Amours : |
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Votre Travail : |
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Votre Vitalité : |
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Jean Tibéri.
Mardi 10 février 2009
Salut Jeannot! Tu es né le 30 Janvier 1935, sur fond de crise nationaliste alors que la gauche et la droite s’écharpent sur la conduite à tenir de la France. Nos chers élus de droite sont pour la conciliation face aux dictatures italiennes et allemandes tout en laissant de bien jolies traces dans leurs caleçons lorsque Hitler ou Mussolini hausse légèrement la voix. La gauche, elle, réclame la fermeté. L’histoire dira qui avait raison. Toi, tu t’en fous, tu es tout jeune et tu grandis dans le 5ème arrondissement, promenant tes frêles jambes et ton teint blafard entre le Panthéon, la Sorbonne et le Jardin des Plantes. A tes 11 ans, alors que tes premiers poils poussent sur ton menton, tu entres au très réputé collège Sainte-Barbe qui a rasé d’ennui plus d’une célébrité au cours des décennies. Y sont passés, en vrac : Jean Jaurès, Gustave Eiffel, Bernard Kouchner, Claude Lelouch et autres Jean-Pierre Castaldi. D’ailleurs, chose amusante selon le sens qu’on veut bien lui donner, l’amicale des anciens élèves est reconnue d’utilité publique depuis 1880… Je laisse chacun méditer là-dessus.

Ils étaient plus marrants avant les Bidochon...
Tu suis le cursus politique classique pour le formatage des grosses têtes : Droit-Magistrature-Piston. Mais tournons encore un peu du pot, veux-tu? Tout le monde attend fébrilement les passages qui t’ont rendu célèbres, tes réels faits d’armes qui feraient passer Bernard Tapie pour l’abbé Pierre. Alors accélérons, veux-tu? Tu entres en politique auprès de René Capitant, le dirigeant des gaullistes de gauche (ou comment démontrer qu’on a vraiment pris les gens pour des cons – pourquoi pas les lepenistes du PC tant qu’on y est?)
En 1965, tu es élu au conseil municipal de Paris. Trois ans après, alors que ton quartier s’embrase pour la cause révolutionnaire, tu deviens député suppléant pour René, ici présentement nommé un peu plus haut. Très peu de temps après, quand celui-ci entre au gouvernement, tu passes député à temps plein. En 1973, tu es élu député sous ton nom propre. Est-ce à dire que tu n’avais aucun droit d’être député avant? Chacun son point de vue. C’est à cette période que tu t’acoquines avec l’homme aux grosses lunettes, j’ai nommé Jacques Chirac, car tu as senti son gros potentiel et tu ne veux pas perdre les miettes de ce qu’il laissera trainer même si cela doit être les gants d’un précédent toucher rectal sur Marguerite, humble vache du Cantal à 327 kilos au garrot, lors d’un des nombreux salons de l’Agriculture. Pour te remercier de cette douce attention, il te fait secrétaire d’état dans cette même discipline agricole.

Oui, bah quand on est moche et con, on réussit comme on peut, vous m'excuserez Monsieur le Juge.
En 1977, tu deviens suppléant de ce cher Jacques à la mairie du 5ème puis son premier adjoint. En 1983, tu es élu maire du 5ème et tu le resteras jusqu’en 1995, date à laquelle tu prendras non plus une part, mais la totalité du gâteau parisien. Ton mandat durera jusqu’à 2001 et il sera très peu marqué. Tu mets en place les couloirs de bus et les pistes cyclables et tu ouvres les voies sur berges aux piétons le Dimanche. Wahou… Bref, 2001, la rose au pouvoir à Paris. Tu restes maire du Cinquième et tu es encore en activité à ce poste malgré les procès qui te collent aux baskets tels les vieux chewing-gum usagés des trottoirs de Paname.
Enfin, nous y voilà. Premièrement, cette histoire occulte de marchés publics détournés par toute une bande de filou tel que toi s’est soldé par un non-(ça n’a pas eu) lieu bien rémunéré par toutes les parties en jeu. Jusqu’à Jacques Chirac était mouillé dans cette sordide histoire. Vient ensuite ton fait de gloire! Les faux-électeurs! Brillante idée! Comment gagner une élection quand on est sur de la perdre? Facile, faire voter des inexistants.

Si vous pouviez arrêter de filmer après mon passage, ça m'arrangerait. Les gens qui arrivent ne sont pas tout à fait réglos.
L’affaire a éclaté le 23 Avril 1997 dans le Canard Enchainé, que ceux qui le critiquent seraient bien inspirés d’imiter. Entre 3.000 et 4.000 électeurs inscrits illégalement par le RPR sur les listes du 5ème. Des gens lambdas invités à donner un coup de pouce à Tibéri en échange d’un futur coup de main tel qu’une place en crèche, un logement, un emploi, une statue Place de l’Etoile etc. La bonne escroquerie organisée visant surtout des gens du bas peuple qui ne pouvaient que difficilement refuser. Les gens du Canard ont découvert le pot aux roses, en allant tout simplement – liste en main – vérifier que les gens habitaient bien à l’adresse indiquée. Du journalisme d’investigation en plein Paris, chapeau l’artiste. Il faut bien faire savoir que tu as eu le culot de tout nier alors que plusieurs des parents de ton épouse, Casanova de son nom de jeune fille, étaient inscrits irrégulièrement sur ces listes. Comme quoi Casanova n’embrassait pas que les femmes, parfois le vice aussi.
A côté de ce gros morceau, ton expulsion de la mairie de Paris suite à (encore une fois) une dénonciation du Canard pour non-paiement du loyer apparaît comme du caca de gendarme de la garde civile. C’est à se demander où se trouvent les autorités et ta conscience personnelle.
Ce qui nous amène au proverbe final. Quand Tibéri, la décence pleure.
Wolfgang Amadeus Mozart.
Mercredi 4 février 2009
Monsieur Mozart, bonjour. Tu nais le 27 Janvier 1756 sous le nom de Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus Mozart, que tu abrèges en Wolfgang Amadeus Mozart. Au responsable de cette abréviation, j’aimerais dire que la prochaine fois, vous feriez mieux de prendre un vrai raccourci. Comme WAM. Parce que retenir ça en même temps que les 151 pokémons, c’est trop compliqué pour les mômes d’aujourd’hui. Tu nais à Salzbourg, ville du Saint-Empire Romain Germanique (même remarque que plus haut) dans laquelle les amendes étaient – paraît-il, je n’y étais pas – très salées. Cette commune est aujourd’hui autrichienne, ce qui leur permet de décrocher les lauriers de ta gloire, soigneusement posés près de ceux de Romy Schneider, Gustav Klimt, Sigmund Freud, Arnold Schwarzenneger et Adolf Hit… Ah non, pas lui.
Ton papa s’appelle Leopold et ta maman Anna Maria Pertl (ne me demandez pas comment ça se prononce, je n’en ai aucune idée, vous savez moi et les sauvages…). Leopold est vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg et réputé pour avoir de grandes notions de pédagogie, son épouse est juste son épouse et à l’époque, c’était bien suffisant pour elles, nan mais ho! Où va le monde?

Okay tu avais du génie dans la musique mais tu as bien fait de ne pas faire coiffeur...
Tu te montres extrêmement précoce dès ton jeune âge. Ainsi, tu fais ta première crotte à 6 heures, ton premier pipi à 8 heures, à 12 heures tu es sur un vélo, à 12h01 tu tombes mais l’intention était là. C’est sur qu’à côté, savoir jouer du piano à 5 ans, ça a du juste emmerder tes parents d’attendre si longtemps. A 3 ans, tu démontres d’étonnantes facultés auditives musicales. Tu possèdes l’oreille absolue, c’est à dire que tu reconnais les notes de musique sans aucune aide écrite et dès le premier coup. Ton père y voit directement une source de profit splendeur et t’inscrit aux cours de clavecin, sorte d’ancêtre du piano. (On a dit partout que tu étais un petit génie et tout mais si c’était ton professeur qui était extrêmement doué? Personne n’y a pensé à ça hein? Je vais écrire une histoire, j’aurais le Pulitzer avec ça moi.) Tu as donc 5 ans et dans la foulée, tu apprends l’orgue, le violon et la composition.
Tu pars alors en tournée. On est en 1762, tu as 6 ans! Munich, Vienne, Francfort, Bruxelles, Paris, Londres, La Haye, Amsterdam, Lyon, Génève, Lausanne et plus encore. De là à avancer que tu es la première rock star, pourquoi pas? 4 ans de voyage pendant lesquels tu émerveilleras les auditeurs à chaque passage et tu sauras tirer le meilleur de chaque culture et de chaque rencontre. A 11 ans, entre deux tartines de Nutella, tu écris ton premier opéra alors que tu as encore du chocolat sur les joues : Appolo et Yacinthus. L’année d’après, tu en composes deux, Bastien et Bastienne et La Finta Semplice, en commençant doucement à regarder sous les jupes des filles. Peu après, tu es nommé maître de concert et tu pars en road-trip en Italie avec ton père. Pas le must pour draguer. Tu y apprends toutes les bases de l’opéra, ce qui nous laissera tes plus belles œuvres : Le mariage de Figaro (avec un riche industriel français? Ah non, c’est pas le même), la Flûte Enchantée (des politiques français? Ah non, c’est pas la même). Le pape Clément avec un numéro que j’ai oublié mais on s’en fout, c’est pareil, disons le 15. Pardon. Le XV. Bref, il te fait chevalier de l’éperon d’or et ça, c’est quand même pas de la merde. Le 16 décembre, ton patron le Prince-Archevèque passe le violon à gauche. Il est remplacé par le même mais qui s’appelle Colorredo et qui est démocratiquement élu. Nan, je rigole.

Pour qui? La postérité? Mais je m'en fous de cette conasse moi, je veux aller faire du vélo!
Tu as alors 17 ans et tu es brimé par ton nouveau boss. Il t’impose la forme de tes œuvres et n’aime pas trop te savoir en voyage, tu te renfermes alors pendant 3 ans avant de partir et d’aller écluser ta crise d’adolescence à Munich. Cependant, tu ne trouves pas de boulot dans la bonne vieille cité bavaroise (j’en connais qui doivent encore s’en mordre les couilles outre-tombe) et tu files pour Augsbourg puis Mannheim où personne ne veut de toi non plus. Tu tombes amoureux d’une cantatrice ce qui provoquera une rage noire de ton père qui te dira que la gloire n’a pas le temps pour les galipettes. Il te mettra une fessée en te rappelant entre chaque revers de la main de ne-pas-oublier-ta-carrière! Tu pars alors vers la France et Paris pensant les français plus enclins à ta gaudriole en oubliant que c’est déjà la crise à cette époque. Tu as donc du mal à survivre. Nous sommes en 1778 et ta mère meurt le 3 Juillet… Tu rentres dépité à Salzbourg en faisant un crochet par Munich pour revoir ta cantatrice qui te balance un uppercut en pleine face en t’apprenant qu’elle est amoureuse d’un autre. Le 29 Janvier 1779, tu récupères ton poste auprès du prince-archevêque.
Novembre 1780, c’est une seconde vie qui commence pour toi. L’opéra de Munich te commande une œuvre. Ce sera “Idoménée, roi de Crète” et un succès triomphal. Le prince-truc t’emmène alors à Vienne comme un faire-valoir. Sur place, il te traite de “voyou”, de “crétin” et de “peine-à-jouir” mais, au sujet de ce dernier, nous ne voulons pas en savoir plus. Tu t’installes alors dans la capitale autrichienne chez une certaine Madame Weber. Tu tombes follement amoureuse de la petite Constance Weber qui devient ta femme quelques mois après alors que tel un petit foufou, tu n’attends même pas l’autorisation de ton père. Ton émancipation est totale. Tu te maries donc le 4 Août 1782 alors que tu viens juste de terminer un opéra “L’enlèvement au sérail” pour l’empereur Joseph II.

En hommage à Bilbo le Hobbit, Mozart s'habillait déjà comme lui en 1790. Vous avez (encore) dit précoce?
En 1784, tu entres dans la franc-maçonnerie (une association de gens proches de l’Espagne, très velus et adeptes de travaux manuels tels que le montage de parpaings ou de briques) et tu écris plusieurs oeuvres pour tes frères maçons tels que “Maurerische Trauermusik” ou encore “La Flûte enchantée”. Lorenzo Da Ponte, un de tes amis, réussit à convaincre l’empereur la création d’un opéra basé sur “Le Mariage de Figaro” de Beaumarchais. Ce sera donc les “Noces de Figaro” en 1786 et malgré son succès considérable, jamais démenti depuis, il sera très vite retiré de l’affiche.
200 ans avant ma naissance, pardon de t’avoir porté la poisse, en 1787 ton père décède. Cette nouvelle te bouleverse et influence énormément la création de l’opéra que tu avais en chantier. Don Giovanni ne sera qu’un demi-succès malgré son indéniable beauté. Alors mon petit Wolfus, tu commences à tomber en déchéance. Tu ne sais pas gérer ton argent, tu es criblé de dettes alors que tu es grassement payé pour ton œuvre abondante. Pour ne rien arranger, ton grand ami l’empereur Joseph Two décède et tu ne te retrouves plus vraiment apprécié de son successeur.

Peu de temps après, Champollion déchiffrera les hyéroglyphes.
1791, tu finis par enfin composer la Flute Enchantée dont on a déjà parlé deux fois dans cet article. Tu meurs le 5 Décembre à 1h du matin. La nation n’est pas en deuil total comme on pourrait le supposer. Tu es enterré dans la banlieue de Vienne dans une sorte de fosse commune, signe d’un génie méconnu. Beaucoup de gens pensent encore qu’Antonio Salieri était ton ennemi juré se basant sur la vérité absolue des films qu’ils voient à la télé. Ceci est faux. Antonio était l’une des rares personnes présentes à ton enterremment et il fit même l’éducation musicale de ton dernier fils après ta mort.
Tout ceci nous emmenant donc au proverbe final : un silence après du Mozart, c’est toujours du Mozart alors faut surtout pas que quelqu’un pète.
Iossif Djougachvili – 2ème partie.
Samedi 31 janvier 2009
Tu m’excuses pour hier, Joseph, mais j’avais des trucs à finir et tu n’es plus pressé maintenant, je peux te faire attendre un peu. Nous étions donc en 1935 et déjà, les premiers opposants à ton régime de bananes se faisaient connaître. Dans leur profonde intolérance, ceux-ci montent même une 4ème internationale par le biais de Léon Trotski. Mais Ramon Mercader, un de tes agents préférés pour sa petite moustache et son petit cul moulé dans son pantalon de toréro, assassine ce dernier au Mexique en 1940 pendant que tu envoies tous les dissidents compter les flocons de neige en Sibérie. Et que tu mènes ce que l’histoire gardera comme “La Grande Purge” avec la facilité que cette connasse a à donner des petits noms aguicheurs à des événements morbides. Chaque opposant est prié de fermer sa gueule comme si on était au cinéma. Tu prétends que c’était pour éviter de te faire prendre en traitre alors que la guerre mondiale éclaterait. Permets-moi d’être sceptique surtout si l’on apprend que tu as même fait fusiller des membres de ta famille pour dissidence et pas que le slow.

Avis d'exécution : ce peintre qui me casse les couilles.
Passons tout de suite au sujet qui vous intéresse, la World War Two comme disent nos amis d’Outre-Atlantique. Après deux toutes petites batailles de frontières de rien du tout avec le Japon et la Mongolie, tu entres tête dans le guidon dans la guerre. Chien fou, tu entres en Pologne, tu prends la Finlande, les états baltes puis la Moldavie, le tout en ayant le temps de te lisser la moustache et de faire quelques courbettes à Hitler afin que celui-ci ne t’ennuie pas. ERREUR! Grossière erreur! Celui-ci rompt le traité de non-agression en faisant entrer la Wehrmacht en URSS sans valider son ticket. Tu avais pourtant refusé d’y croire, tu faisais fusiller tes fidèles qui te mettaient en garde au sujet de l’homme à la moustache. Bien mal t’en prit. Tu écris alors dans ton journal intime “Il m’a trahi, ce salaud, j’lui cause plus” avant de bruler ce dernier dans un élan de fanatisme. Les allemands échouent dans leur invasion à 22 kilomètres seulement de Moscou et ressentent alors les boules qu’on a aujourd’hui quand un téléchargement se bloque à 99.9%. Il y a quand même une justice, ils ne sont pas que pour nous les grands maux de la vie. Les schleus décident de se rabattre sur Stalingrad, ville ô combien symbolique pour t’humilier grandement. Ils échoueront là-bas aussi, comme quoi à part le foot… Et pendant que les alliés débarquent en Normandie en ramassant toute la gloire et en signant des contrats avec Spielberg (qui a pour initiales SS, vous noterez que c’est troublant), c’est ton armée qui faisait tout le boulot en détruisant 79.865% de la puissance allemande. Et ne faites pas gaffe à ce pourcentage, c’est pour faire professionnel.
1945, la guerre est finie. Tu te nommes toi-même le “Généralissime”, un matin où tu te rasais en te regardant dans ta glace et que tu trouvais que Joseph, ça faisait trop voisin de palier. Tu décides que l’hymne soviétique ne sera plus l’internationale mais un chant à ta gloire. Tu places sous ta direction tous les pays que tu as traversé et tu fais le bilan de tes morts en jouant à la belote. 25 millions de cadavres pour environ 20% de la population russe de l’époque. Joli score. Vient ensuite le Kominform, cette sorte d’amicale internationale des buveurs de rouge à bob Ricard qui rassemble tous les Parti Communiste d’Europe.

Et De Gaulle, il est où? Bah, il prend la photo...
1949, tu as 70 ans, vieux croûton et tu t’accordes un anniversaire spectaculaire. Une sorte de surprise party dans tous le pays, où personne n’est invité mais tout le monde doit venir. C’est le pic Staline, cette époque où le culte de ta personalité est à son paroxysme. Tu crées même des Prix Staline pour concurrencer les Prix Nobel… Ca va les chevilles? Tu prends ton plus joli stylo bic et tu reécris aussi les livres d’histoire. Ainsi, tu deviens le co-auteur de la Révolution russe, père d’Adam et Eve, responsable du pet qui a déclenché le Big Bang et aussi inventeur du fil à couper le beurre, sans pour autant t’en vanter des masses. J’ai déjà dit que c’est pas joli joli d’écrire sa légende alors la modifier, permets-moi de te dire que c’est pathétique.

Pourquoi il est là, Christophe? Parce qu'il a crié "Staline, pour qu'il revienneeeee!"
Le 28 février 1953, tu sors du bureau. Il est aux alentours de 16h30 (et après, on dit des fonctionnaires mais les dictateurs, c’était quand même quelque chose) quand tu montes dans l’une des trois voitures qui t’attendent. Paranoïaque comme tu es, il y en a deux qui sont des leurres et qui prennent un itinéraire différent. Tu arrives à ta Datcha (à tes souhaits) non loin de Moscou puis tu montes te coucher dans une de tes 7 chambres blindées. Tu ne sors pas de ta chambre du lendemain et au soir, le chef de la garde s’inquiète. Il réunit des camarades pour savoir que faire. Ils ont très peur de déranger et de recevoir un coup de martinet sur leurs fesses rouges mais ils se décident quand même. Ils te retrouvent mort mais mettent 6 heures avant d’appeler les médecins et ils invoqueront pour leur défense après que tu ne leur avais pas dit de le faire. C’est pas faux.
9 Mars 1953, tes grandioses funérailles se soldent par des bousculades faisant des centaines de victimes. La suite, c’est Nikita Khrouchtchev qui la donne. L’Urss rompt avec le stalinisme par texto, ton corps est retiré du mausolée de Lénine et Stalingrad devient Volgograd. Mais il réforme la forme et pas le fond, ce qui mènera tout le monde aux gentils événements des années 80′. Mention spéciale à Klement Gottwald, alors président de la Tchécoslovaquie, qui prend froid lors de la cérémonie d’enterrement et qui décède une semaine après. Même mort, tu tuais encore.

C'est le petit Picasso qui nous a fait un beau portrait de toi. Il est tout juste âgé de... Ah bon, 72 ans. Merde.
Iossif Djougachvili – 1ère Partie.
Jeudi 29 janvier 2009
Salut Iossif! Ca roule au paradis des dictateurs? Bon, de tous ceux que j’ai pu croiser, c’est toi qui commence le plus tambour militaire battant. Ainsi, jusqu’à ta date de naissance, il y a litige. Tu es né pour de vrai le 18 Décembre 1878, ce qui réfute totalement la théorie comme quoi Victor Hugo évitait d’être contemporain des crapules. Je dis “pour de vrai” (si si, ligne du dessus, suivez un peu) parce que tu as fait modifier ta date de naissance en 21 Décembre 1879. C’est soi-disant pour que celui-ci puisse être commémoré par la nation entière en même temps mais je tiens de source sure que c’était juste pour avoir l’air moins vieux. Alors que tout le monde paie pour de la chirurgie, toi tu changes ta date de naissance. Pas fou, Jojo.

- Le regard froid, la raie de côté. Tu ne te serais pas fait victimer à l’école toi?
Tu nais donc en Géorgie. Ta mère est couturière et ton père cordonnier, c’est dire que, des pieds aux épaules, tu es sapé totalement gratuitement, petit filou. Tu es un garçon au caractère difficile mais celui-ci serait dû à la personnalité envahissante de ton doux papa, Vissarion Djougachvili. Ta maman, Ekaterina Gavrilovna Gueladzé, n’est dans cette histoire que pour confirmer ce que l’on savait déjà : les russes ont des noms compliqués à prononcer juste pour embêter les élèves qui doivent tout apprendre par cœur. Ceci dit, elle travaille dur pour que tu puisses poursuivre tes études et tu finis par les rattraper.
A tes 14 ans, tu entres au séminaire de Tbilissi où tu resteras 6 ans. Tu suis divers cours, dont lectures des textes saints, religion, droit canon et autres joyeusetés. Tu commences à te montrer rebelle qu’en 1899 alors que tu es chopé plusieurs fois en train de lire des livres interdits et même pas pornographiques (Les travailleurs de la mer de Victor notamment,) et tu es finalement renvoyé pour avoir séché totalement l’examen de lectures bibliques. C’est à cette époque que tu découvres Dostoïevski, Fedor de son prénom, le fantastique romancier russe, que tu feras interdire plus tard pour sa mauvaise influence sur la jeunesse… J’apprécie ta reconnaissance.

- Il a raté sa destinée de savant fou.
Tu commences alors à vivre ta vie de clandestin. Tu deviens un vrai loulou, braquages de banques – arrestation – déportation – évasion font partie de ton quotidien. Tu adhères alors au Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie en même temps que tu gagnes le surnom de Koba, qui signifie l’ours. C’est à cette époque que tu rencontre Lénine que tu garderas dans ta mémoire comme un exemple entre tous. Un homme au-dessus des hommes. Cependant, lui ne te rendait pas la pareille. Il oubliait même ton nom devant ses amis et racontait partout que tu jouais trop perso au foot et que tu pétais au lit.
Vint ensuite la révolution de 1917 et la disparition d’Anastasia. Tu prends la direction du parti mais dès le retour de Lénine, tu te ranges rapidement derrière lui comme le bon chienchien à son maimaitre en exécutant les moindres de ses ordres. Et tu rappelleras sèchement à tes collègues leurs errements quand Lénine aura cassé sa faucille et son marteau. Tu crées alors le Politburo, qui était bien sage et bien élevé comme son nom l’indique et qui réunira toutes les futures gloires du PC.
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Moi, Staline et Humanité dans la même phrase, ça me frise les oreilles. Pas vous?
La guerre civile russe débute en 1918, comme quoi on n’a pas tous fait la paix à cette époque ci et tu es nommé commissaire bolchévique à Tsaritsyne. Ville que tu renommeras plus tard du haut de ton humble modestie, “Stalingrad”. Tu te fais remarquer pour ta légendaire méfiance envers tout ce qui n’est pas prolétaire. Il paraît même que tu inspectais tous les matins les moustaches de tes camarades pour qu’elles correspondent à la tienne. Sinon, c’était louche – je cite. Tu te découvres une propension à la tuerie et à l’exécution sommaire ce qui te fera entrer en lutte constante avec Léon Trotski, qui le paiera cher en 1927 avec emprisonnement et exil. En 1920, tu fais échouer la promenade vers Varsovie par un habile coup de traitre et tu diras ensuite “c’est pas moi, c’est lui” pour ta défense.
A l’époque, l’ascenseur social (c’est le cas de le dire) fonctionnait à merveille puisqu’à force de mutisme et de soumission, tu finis secrétaire général du Parti. Tu prends comme première grande décision d’envahir ton pays d’origine, la Géorgie. Ceci provoque une colère impuissante sans nom de Lénine car il était déjà gravement malade.
Pendant ce temps-là, tu apprends l’existence d’un fils né de ta première femme, morte en 1907. Il s’appelle Iakov Djougachvili et tu le couvris de bisous et de belles paroles comme lorsque celui-ci essaya de se suicider alors que tu venais de lui refuser le mariage avec sa chère et tendre. Il prit un flingue, se tira à la tête mais se rata par on-ne-sait quelle magie. Tu aurais alors dit dans ta draperie de vertu : “Il n’arrive même pas à tirer correctement.” Sympa, le daron. Tu te remaries en 1919 avec Nastasia Alliluyeva avec une jeunette de 18 ans alors que tu en as déjà 41… Vieux pervers.

Une fleur par mort dans notre famille, vous êtes trop bons, Jojo.
Tu fais ton trou au parti et ta dégaine bonhomme et ton allure commune font de toi le chouchou de tes camarades. Ils te préfèrent à un Trotski trop solitaire et trop brillant. Tu fais donc jouer tes réseaux et à la mort de Lénine, son testament, dans lequel il te désavouait, disparaît comme par enchantement. T’en auras eu de la chance… Pendant 8 ans, tu travailles dans l’ombre à expulser tous les gens qui pourraient t’être désagréables et à placer à des postes importants, tes plus fidèles lieutenants. Ainsi, le 21 Décembre 1929, tes 50 ans sont fêtés en grande chaussure à travers tous le pays et c’est le début du culte de ta personnalité si cher à nos profs d’histoire.
Tu es peu porté vers l’internationale et tu refuses de sortir de l’URSS, ce qui nous apprend que tu as très peu écouté les conseils qui prônent la mondialisation comme seule alternative, petit fripon. Tu ne définis pas ton parti comme communiste parce que ça voudrait dire qu’il faudrait que tu partages avec plein d’autre pays et que bon, faut pas non plus pousser les matriochkas dans la taïga. C’est donc une dictature totalitaire marxiste-léniniste. Tu prônes directement le progrès total car “L’urss doit être une Ferrarri devant les Renault” (c’est mon petit frère qui me souffle les citations, faites pas gaffe). De 1929 à 1933, tu “collectivises” les terres de millions de paysans. J’apprécie ton utilisation de la sémantique pour ne pas dire que tu les expropries. En 1934, après la dernière guerre paysanne de l’histoire de l’Europe, l’objectif est atteint même si tu as frôlé le Game over.

Quand Lénine et Staline jouent à Risk, c'est toute l'Europe qui se chie dessus.
La moitié du bétail abattu par les paysans en colère, des terres ravagées, une famine qui fit environ 10 millions de morts et deux millions de déportés dans les goulags. Le tout pour financer l’industrialisation. Ton premier plan quinquennal s’en sort très bien et la production fuse vers des sommets puisque les emprisonnés du goulag sont envoyés aux grands travaux : métro de Moscou, villes nouvelles, énormes usines, canaux, barrages et autres statues du Patron. C’est aussi la naissance du Stakhanovisme et chaque retard répété de 10 minutes est systématiquement accompagné de sa prime de goulag.
Les moeurs ont alors des règles bien établies : interdiction de l’avortement, prison pour les pédés, culte de la bonne famille socialo et toutes sortes de joyeusetés dans ce style pendant que tu redescends l’âge de la peine de mort à 12 ans…
Alexandre Stavisky.
Mercredi 28 janvier 2009

C'est dans cette humble demeure que fut suicidé Stavisky. Contre quelques faux billets, il est possible de faire une fausse visite.
Bonjour Alex’. Tu es né en Ukraine, le 20 Novembre 1886, ce qui fait que tu ne nais pas contemporain de Victor Hugo qui n’aimait pas trop côtoyer les canailles. Et pour être une canaille, tu en es une belle. Ton enfance est anecdotique puisqu’il est impossible d’en trouver trace nulle part. Tu es naturalisé français en 1910, un peu avant la guerre. C’est dire si tu as bien choisi ton moment. On peut avancer que tu as laissé ta trace dans l’histoire française et c’est peu dire puisque la tienne est contée dans les manuels d’histoire.

Mais on veut bien son fric quand même!
Le 23 Décembre 1933, le directeur du crédit communal de Bayonne, qu’il ne fallait pas prendre pour un jambon, Gustave Tissier est arrêté pour mise en circulation de faux billets et fraude mais pas que dans le rer. 235 millions de francs de faux-billets dont on découvrit l’origine. Tu avais, avec la complicité du maire de Bayonne, fondé cette banque afin de te remplir les poches. Mais tu fais encore plus de bruit mort ce qui est particulièrement inhabituel et contraire aux lois de la nature, je le dirais à Newton. Tu es retrouvé dans un chalet perdu de Chamonix, le 8 Janvier 1934. Une balle dans la tête. Suicide ou meurtre? Le Canard Enchainé titra « Stavisky se suicide d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant ». Le facétieux volatile fait preuve encore une fois de clairvoyance et il s’avéra ensuite que tu étais en accointances avec le député Bonnaure, le sénateur Renoult, le ministre des Colonies et ancien ministre de la Justice Albert Dalimier, les directeurs de journaux Dubarry et Aymard. Ainsi que quelques procureurs qui avait élégamment repoussé tes multiples procès (19!!) à chaque fois. Une sorte de Bernard Tapie des temps anciens.

Avoue que tu as fait tout ça pour être jouer par Bebel et on n'en parle plus.
Tu auras ensuite une aura prodigieuse car tu déclencheras une émeute le 6 Février 1934. Les forces d’extrème droite n’oublient pas dans leurs crasseux amalgames de stigmatiser les juifs (puisque tu l’étais, ça se voit bien) afin de renverser le pouvoir. C’est chose faite le lendemain avec la démission de Daladier et l’entrée au gouvernement de figures de la droite parlementaire tel que le maréchal Pétain… Tu vois dans quel merdier tu nous as mis maintenant?
Toujours est-il que lorsque l’on s’apelle Stavisky, il est bien normal de mourir à la neige.
Richard Kuklinski.
Mardi 27 janvier 2009
Bonsoir Monsieur Richard. Je vous gratifie d’un monsieur et d’un vouvoiement peu orthodoxe. C’est dû au respect que je dois à votre humble caveau familial dans lequel vous êtes non moins humblement enfermé. Je dois avouer que la peur de représailles de la part de votre descendance n’est pas non plus étrangère à tous ces signes de respects… Parce que moi et le respect, c’est quelque chose. Tu es donc né, Richou, le 11 Avril 1935, à Jersey City, dans l’état du New-Jersey, nom de ville si caractéristique de l’imagination et de l’originalité à l’américaine. Je veux dire que si dans le département du Cantal, on appelait une ville, Ville du Cantal, on aurait l’air cons. Ah bah oui, d’accord, c’est pour ça…

T'inquiète pas Richard, on cherche juste ton meilleur profil.
Tes parents Anna et Stanley étaient tous deux immigrés. L’un polonais, l’autre irlandais histoire de bien coller au cliché de l’immigration aux Etats-Unis. Tu as eu 3 frères et sœurs. L’un d’eux , Florian, (a-t-on idée de s’appeler Florian?) fut abattu par ton ivrogne de père qui rentrait bien aviné du bistrot et qui faisait éclater sa toute puissance sur ses enfants et sa femme, c’est bien connu, ça ne riposte pas. Peu de temps après cette incartade, Stanley quitta la maison avec sa maîtresse. Te laissant seul avec ta mère mais devant te débrouiller par toi-même. Tu commences alors à voler, d’abord comme un Jean Valjean made in poverty puis comme un Jacques Mesrine pour te faire du fric. Tu te fais remarquer dans le milieu underground de la délinquance pour ton tempérament impulsif et ta volonté de tuer.
A 14 ans, tu tues ton premier bonhomme pour fêter ton entrée triomphale dans le monde adolescent. Charley Lane, le leader d’un petit gang de ton quartier, qui passait son temps à te moquer et à te battre. Ainsi tu prends l’initiative, malgré ta dyslexie, de lire le “True Crimes Magazine” – le parfait petit manuel du parfait petit assassin – afin de monter le coup parfait. Et ô plan combien astucieux, ce livre t’a apporté. Tu suis ta victime avec une batte de baseball jusqu’à ce qu’il soit seul et dans une allée peu éclairée. Alors tu commences à le frapper, d’abord pour lui chatouiller le visage mais ensuite pour lui masser le cuir chevelu. Lorsqu’après avoir écumé toute ta rage, tu te rends compte que ta victime n’avait pas survécu au massage, tu lui découpes les doigts et lui enlève les dents, pour rendre toute identification impossible. Avant de le jeter au fond d’un lac… Plutôt futé pour un débutant, il n’a pas l’air si mal ton bouquin!

Fallait pas manger tous les chipsters, aussi.
Tu révèleras plus tard que c’est ce jour-là que tu as appris, dans une sorte d’ironie morbide, qu’il était meilleur de donner que de recevoir. Oh oh oh, un vrai poète. A partir de ce jour, tu remplaces la batte de base-ball, trop voyante, par un couteau bien aiguisé et plus facile à manier. Tu commences à prendre ta revanche sur tous ceux qui t’ont quelque peu brimé. L’histoire ne le raconte pas mais je le tiens de source sure, que tu as même égorgé et évidé un de tes anciens camarades qui t’avait piqué un pain au chocolat. Tu aurais alors eu ces mots : “Crève, voleur de goûters.”
Très vite, tu acquiers une réputation solide de dur à cuire, plus dur que les oeufs de ta grand-mère. Tu formes un gang, le “Coming Up Roses” pour le côté magnifique des roses qui savent piquer quand on les ennuie de trop près à vouloir toujours regarder sous leurs pétales. Tu achètes alors ta première arme et tu sautes donc, promotion logique et méritée, dans le monde du crime organisé. Tu t’associes avec la famille du crime, les Gambino, nom cliché qui démontre d’un grand manque de fantaisie dans le milieu du banditisme américain de l’époque. Cette association commença avec de l’argent. Comme dans un film, tu devais de l’argent à un associé de Gambino qui envoya Roy DeMeo pour te faire cracher. Après une salve de balles, tu te noies dans ton sang en jurant de te venger. Mais en attendant, tu te dis qu’il pourrait être sympathique de faire des affaires avec ces gens-là. Tu ranges donc ta haine au placard de tes sentiments exacerbés et tu rembourses ce que tu dois. Tu commences alors à bosser entre cambriolages et piratages de photos pornographiques avant que les pontes se rendent compte de ton formidable besoin de sang.

La coupe de Wolverine sur la tête de Culbuto. Que fait la police?
Mais on ne devient pas tueur comme ça et il fallait des examens digne de ce nom et pas que d’urine. Le Big Boss t’emmena en voiture, s’arrêta dans une rue et t’ordonna de descendre de la voiture et le premier venu. Chose dite, chose faite. Malheureux destin de celui qui passait là.
Tout ce qui vient ensuite relève du manuel du parfait assassin : tu as avoué entre 100 et 130 meurtres, par strangulation, feu, couteau ou poison? Tu révèles une préférence pour le cyanure qui tue vite et qui est quasiment indécelable sauf pour le Dr House mais il était déjà très occupé à l’époque. Tu expliques aussi tes méthodes de dissimulation des corps tels que l’enterrement, mutilation, démembrement ou plus subtilement de les placer sur les bancs dans des parcs publics. Les deux méthodes que tu chérissais étaient de mettre le corps dans un énorme bidon d’huile pour décomposer la peau ainsi que nourrir les rats géants avec tes ennemis encore vivants… Et on s’étonne après qu’il y ait des Tortues Ninja avec maître Splinter?

Mais lâchez-moi, nom de Dieu! Je connais Nicolas Sarkozy!
Une ombre tache cependant ton palmarès. Les autres membres de ta petite mafia qui se sont portés témoins pour le gouvernement affirme qu’ils ne t’ont jamais vu participé à aucun meurtre. Ainsi, même pour celui de… Roy DeMeo, qui aurait du payer cher ta rancune tenace et ton gout de la vendetta, il est prouvé qu’il fut l’objet de l’attention amusée d’autres membres de son crew.
Peu de temps après, tu commences une carrière de tueur à gages et tu épouses Barbara Pedricci. Tu mènes une double vie, nul ne connait ta véritable activité dans ton entourage et personne ne se pose de questions quand tu pars au beau milieu du gigot de belle-maman, à part une, inévitable et fatidique : “il est trop cuit?”
Initialement appellé le “Polack” par le sens de la création de tes camarades, tu seras renommé “Ice Man” pour ta façon de cacher tes cadavres dans un camion de marchand de glaces. Ta méthode a été découverte un soir d’une brulante nuit d’été alors que le coroner a retrouvé des traces de glaces sur le cadavre. Tu deviens ensuite ami avec Robert Prounge qui t’apprend à te servir de cyanure pour dézinguer ta clientèle. Tu déclareras bien plus tard aux autorités que Bob Prounge était complètement dingue et qu’il lui avait proposé un contrat pour tuer sa femme et son fils. Il fut retrouvé abattu dans un camion et tu revendiqueras ce meurtre.

Putain, ils étaient mieux fringués à l'époque, les témoins de Jéhovah.
Tu es bêtement arrété en 1986 par un agent double, qui te proposait un contrat et à qui tu expliquais tous les tenants et aboutissants. Ta femme est arrêtée avec toi ce qui te fout pas mal en rogne.
Tu prends prison à perpète et tu deviens une star, Interviews, psychiatres, journalistes, profilers, tout passe dans ta cellule afin d’avoir des révélations morbides de la star du meurtre. Tu meurs finalement à ton tour le 5 Mars 2006, certainement empoisonné. Ce qui nous amène au proverbe final : Il vaut mieux avoir le cul posé que le Kuklinski.
Bernard Tapie.
Lundi 26 janvier 2009
Bonsoir Nanard! Comment vas tu? Je commence? Non parce que les deux mastars qui m’entoure, c’est normal? Ah bon, okay, alors j’y vais. Tu es né le 26 Janvier 1943, en pleine amitié franco-allemande de parents que l’Internet ne veut pas dévoiler. Appelons-les Georgette et Édouard, ça ne te dérange pas? Toute ta vie est occultée par tes glorieux faits d’armes dont nous parlerons plus tard et il est très dur de savoir ce que tu as bien pu faire avant. Nous savons que, comme tous les jeunes de l’époque, tu as fait ton service militaire. On le sait parce que c’est écrit sur toutes tes courtes biographies dans lesquelles tu dis que c’est à ce moment que tu as compris que ta ténacité et ta grande ambition pourraient – je cite – te faire réussir dans la société. C’est un peu de la triche de construire sa légende soi-même. Tu démarres plus tard ta carrière dans la vente de téléviseurs et tu appliques les pratiques des dealers de cocaïne et d’héroïne en prêtant l’objet aux clients afin de les rendre accro. Le pire, c’est que ça marche tellement bien que tu deviens propriétaire du magasin très rapidement.

Bah me regardez pas comme çà, je suis réglo maintenant.
Ensuite en 1977, alléché par la technique du “J’achète peu et je revends cher” apprise très tôt par tous les dirigeants appelés à travailler avec l’Afrique, tu te lances dans l’achat et la revente d’entreprises en difficulté avec le soutien indéfectible du Crédit Lyonnais alors possédé par l’état français. Ainsi, tu apparais en sauveur auprès des français en intervenant avant ta prise de pouvoir de chaque entreprise pour que les licenciements n’aient pas lieu sous ta règne. Ou de l’art d’avoir les mains propres mais les gants sales. Ton avocat d’affaire était alors… Jean-Louis Borloo, encore ministre d’état aujourd’hui. Dis donc, tu nous avais caché tes amis haut placés jusque-là! Je pense que cela va expliquer plein de choses dans la suite des évènements.
En 1986, tu prends possession de l’Olympique de Marseille avec pour objectif de lui écrire ses lettres de gloire. Quand tu quitteras le club en 1994, tu auras 4 championnats, une coupe de France, la fameuse Champion’s League et 8 mois de prison avec sursis pour une affaire de corruption, la fameuse OM-VA.

Je fais le compte du nombre de femmes que je peux entretenir avec l'argent de l'état.
Mais ce bon vieux Bernard, tu avais senti l’orage poindre et tu avais trouvé la recette miracle pour ne pas avoir à répondre de ses multiples errements frauduleux. Tu es entré en politique! D’abord en 1992, aux élections régionales de la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Puis en 1994, tu deviens un peu l’homme de main de Mitterand, qui n’avait pas oublié d’être un truand malgré son côté angélisé par toute cette bonne société de gauche.
Peu de temps après éclate l’affaire dite “du Crédit Lyonnais” qui sera en jugement jusqu’à l’été 2008. Tu as souffert, mon vieux. Tellement souffert que l’état français dans sa grande clémence et surtout pour te remercier de ton soutien pendant la campagne présidentielle t’accorde un bonus de préjudice moral de 45 millions d’euros. Sans compter les 400 millions d’euros que tu récupères après t’être fait flouer au cours de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais. Cette somme te permet de te renflouer et de rembourser toutes tes dettes: 190 millions de créances publiques, 30 millions de diverses dettes ainsi que 30 millions de frais. Tu n’es pas un petit joueur et quand tu t’endettes, c’est pas comme le populo lambda.
Mais mon bon monsieur, tu ne trouves pas étrange que l’on accorde ce genre de bonus à quelqu’un d’aussi malhonnête? Toi, ça n’a pas l’air de te géner.

Saint Sarkozy, faites que je ne me fasse pas choper pour tous les trucs que personne n'a vu. Amen.
L’affaire Testut, ça ne te dit rien? Du nom de cette entreprise de pesage avec laquelle tu prêtais de l’argent à tes autres entreprises sans le déclarer. Et cet emprunt de 100 millions que tu prends à plusieurs banques dont le Crédit Lyonnais. 30 millions seulement, serviront à leur cause initiale. Le reste disparaîtra dans les limbes de ton influence. Pour cette affaire, tu seras condamné pour abus de bien sociaux à 2 ans de prison avec sursis, à 300 000 francs d’amende et à 5 ans d’interdiction de gérer une entreprise.
Et l’affaire Phocéa? Tu te souviens? Allons bon, le bateau que tu avais racheté et rénové pour en faire un palace de luxe. Remember? Il te coûtait 12 millions de francs par an et 100 000 francs de frais par jour de croisière! Ah, ça te revient. Tu l’avais déclaré sur une de tes entreprises en déficit pour pouvoir éviter le fisc. Manque de pot, le fisc prodigue rattrape toujours les mauvais pécheurs. Et rebelote, tu te vois condamné à 18 mois de prison dont 6 ferme pour fraude fiscale. Mais, la grande magie de la justice française à 15 vitesses lance un vibrant abracadabra et tes deux peines sont cumulées en une seule. Mais la justice n’a jamais porté plainte pour préjudice moral malgré le nombre de fois que tu l’as enculée.
Aujourd’hui, tu coules des jours heureux dans le béton de ton passé d’escroc. Des gens t’embauchent pour jouer dans des films et téléfilms, ils évitent juste de faire chanter depuis l’expérience de “Bernard Tapy” et malgré tes tubes “Les Pistonnés”, “Pour de rire, pour de vrai” et “Réussir sa vie”. Des gens s’enthousiasment même de ton côté auto-didacte qui a su s’en sortir seul!Et certains ont même vanté la décision de la justice de t’accorder autant d’argent…
Comme quoi, la machine à laver les cerveaux fonctionne encore et pour longtemps…

T'es sur que ce n'est pas pour tes chansons que tu es allé en prison?
Charles Pasqua.
Lundi 12 janvier 2009

Comment ça, je te rends tes Ray-Ban? Mais moi aussi, je veux avoir la classe, oh!
Charles, Charles, Charles! Tu nais le 18 Avril 1927 à Grasse dans le département des Alpes-Maritimes. Tes parents sont André Pasqua et Françoise Reinaldi, l’un est flic et l’autre est mère au foyer pour respecter la tradition machiste couillu du fier Sud embrasé de soleil. En suivant l’exemple de ton père, tu entres dans la Résistance à 15 ans en 1942, refusant corps et âme une quelconque idée d’occupation. A 20 ans, ta licence de droit en poche, tu te maries avec une québécoise rencontrée à Grasse, j’ai nommé Jeanne Joly. Si elle s’était appelé Jeanne Mauche, te serais-tu marié quand même? Rien n’est moins sur…
Bref, en 1952, tu es embauché par Paul Ricard ce qui explique plus ou moins cette couche de mentons que tu as sous la bouche. C’est une collection que tu fais? En 1959, tu montes le SAC (Service d’Action Civique) qui avait pour but strict de protéger le Général au Long Nez. Ce n’était ni plus ni moins qu’une organisation terroriste mais j’ai comme dans l’idée que tes accointances avec le pouvoir permet encore aujourd’hui que ce groupuscule soit classé comme “association loi 1901″ au même titre que Emmaü, les Restos et “l’association pour trouver une bague à la taille des doigts de Zohra Dati.”
Tu es élu député à Clichy-Levallois en 1968 sous l’étiquette gaulliste. 1977, tu es élu Sénateur des Hauts-de-Seine.

Oh, regarde! Un contrat illégal! On peut se faire du fric dessus, on le prend.
1981, ton heure de gloire est arrivé mais repartie aussi vite, elle avait un train à prendre. Tu parraines la campagne de Jacques Chirac, illustre perdant de cette élection face à Tonton. Bien vu, l’artiste!
1982, tu es témoin au premier mariage de Nicolas Sarkozy qui, pour te remercier, l’année d’après te vole littéralement la mairie de Neuilly Sur Seine. Les années passent, ton menton grandit et doucement, tu t’installes dans ton poste de vieux con gouvernant qui se prend pour Dieu. Ainsi, en 1986, tu es nommé à l’intérieur et ça s’est senti à l’extérieur.

Quand t'es arabe, tu ne peux pas être au mauvais endroit au mauvais moment, ça fait mauvais genre.
Malik Oussekine, battu à mort le 5 Décembre 1986 pendant l’effervescence des manifestations contre une réforme étudiante. Mais voyons voir l’histoire.
Le jeune Malik, 22 ans, sort tout guilleret d’un club de jazz du Quartier Latin. Il vient de s’abreuver de saxophone, de piano et de trompette et c’est le coeur en joie qu’il remonte le Boul’Mich. Quand soudain, deux voltigeurs (du nom de ses tueurs à moto, l’un conduisant et l’autre frappant à la volée ce qui se trouvait sur son chemin) se mettent à le poursuivre. Malik prend ses jambes à son cou, il court et croise Paul Bayzelon qui pousse la porte de son immeuble. Il s’y engouffre. Il se croit sauvé mais non, les policiers entrent à leur tour et lui déversent un torrent de caresses et de massages partout sur le corps. Ils l’inondent d’une subtance liquide rouge “qu’il paraît qu’elle est mieux pour masser.” Le samu accourt sur place et le transporte à l’hopital où ils décèdent “autant de son insuffisance rénale que du passage à tabac”. Ils n’ont rien trouvé de mieux pour se dégager les responsabilités. Et toi, Charles, tu précises que « Si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais d’aller faire le con dans les manifestations.» Il était jeune, arabe et rien ne te permettait de penser qu’il pouvait être là par hasard, c’était forcément un casseur. Les deux policiers ont eu 7 ans de prisons avec SURSIS à EUX DEUX. L’un avait 52 ans et a pris une pré-retraite, l’autre a été muté. Bravo, la justice.
Dans ta grande mansuétude, tu déposes en 1988 une demande de loi “relative au rétablissement de la peine de mort ainsi que pour la protection des fonctionnaires de sécurité et de justice”. Faisons avance rapide jusqu’à 1995 et l’élection de Jacques Chirac. Tu le soutiens depuis 1981, tu es considéré comme son mentor en politique mais tu soutiens… Edouard Balladur, cette baudruche molle. Quel flair, mes amis! Quel flair… Celui-ci, sans rancune, te refile la Légion d’honneur le 14 Juillet 1995. Pourquoi? On ne sait pas mais c’est pas pire que Poutine. Depuis, tu végètes entre Sénat et conseil régional encaissant tranquillement les chèques de tes cumuls de mandats.

Mon compte en banque? Aussi petit qu'un rond de cette taille, monsieur le juge. Certains mois, j'ai même du mal à joindre les deux bouts...
Parlons du volet intéressant. Les affaires. Tu es cité dans 6 grosses affaires : La Sofremi, l’Angolagate, le Casino d’Annemasse, le déménagement du siège d’Alsthom, la fondation Hamon et Pétrole contre nourriture. Toutes ces affaires ont permis de mettre à jour le “réseau Pasqua” qui s’étend jusqu’en Afrique. Mais tu restes sénateur quand même, faut pas déconner. Elle est belle, la république.
Vos Amours :