Jean Tibéri.

Mardi 10 février 2009

Salut Jeannot! Tu es né le 30 Janvier 1935, sur fond de crise nationaliste alors que la gauche et la droite s’écharpent sur la conduite à tenir de la France. Nos chers élus de droite sont pour la conciliation face aux dictatures italiennes et allemandes tout en laissant de bien jolies traces dans leurs caleçons lorsque Hitler ou Mussolini hausse légèrement la voix. La gauche, elle, réclame la fermeté. L’histoire dira qui avait raison. Toi, tu t’en fous, tu es tout jeune et tu grandis dans le 5ème arrondissement, promenant tes frêles jambes et ton teint blafard entre le Panthéon, la Sorbonne et le Jardin des Plantes. A tes 11 ans, alors que tes premiers poils poussent sur ton menton, tu entres au très réputé collège Sainte-Barbe qui a rasé d’ennui plus d’une célébrité au cours des décennies. Y sont passés, en vrac : Jean Jaurès, Gustave Eiffel, Bernard Kouchner, Claude Lelouch et autres Jean-Pierre Castaldi. D’ailleurs, chose amusante selon le sens qu’on veut bien lui donner, l’amicale des anciens élèves est reconnue d’utilité publique depuis 1880… Je laisse chacun méditer là-dessus.

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Ils étaient plus marrants avant les Bidochon...

Tu suis le cursus politique classique pour le formatage des grosses têtes : Droit-Magistrature-Piston. Mais tournons encore un peu du pot, veux-tu? Tout le monde attend fébrilement les passages qui t’ont rendu célèbres, tes réels faits d’armes qui feraient passer Bernard Tapie pour l’abbé Pierre. Alors accélérons, veux-tu? Tu entres en politique auprès de René Capitant, le dirigeant des gaullistes de gauche (ou comment démontrer qu’on a vraiment pris les gens pour des cons – pourquoi pas les lepenistes du PC tant qu’on y est?)

En 1965, tu es élu au conseil municipal de Paris. Trois ans après, alors que ton quartier s’embrase pour la cause révolutionnaire, tu deviens député suppléant pour René, ici présentement nommé un peu plus haut. Très peu de temps après, quand celui-ci entre au gouvernement, tu passes député à temps plein. En 1973, tu es élu député sous ton nom propre. Est-ce à dire que tu n’avais aucun droit d’être député avant? Chacun son point de vue. C’est à cette période que tu t’acoquines avec l’homme aux grosses lunettes, j’ai nommé Jacques Chirac, car tu as senti son gros potentiel et tu ne veux pas perdre les miettes de ce qu’il laissera trainer même si cela doit être les gants d’un précédent toucher rectal sur Marguerite, humble vache du Cantal à 327 kilos au garrot, lors d’un des nombreux salons de l’Agriculture. Pour te remercier de cette douce attention, il te fait secrétaire d’état dans cette même discipline agricole.

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Oui, bah quand on est moche et con, on réussit comme on peut, vous m'excuserez Monsieur le Juge.

En 1977, tu deviens suppléant de ce cher Jacques à la mairie du 5ème puis son premier adjoint. En 1983, tu es élu maire du 5ème et tu le resteras jusqu’en 1995, date à laquelle tu prendras non plus une part, mais la totalité du gâteau parisien. Ton mandat durera jusqu’à 2001 et il sera très peu marqué. Tu mets en place les couloirs de bus et les pistes cyclables et tu ouvres les voies sur berges aux piétons le Dimanche. Wahou… Bref, 2001, la rose au pouvoir à Paris. Tu restes maire du Cinquième et tu es encore en activité à ce poste malgré les procès qui te collent aux baskets tels les vieux chewing-gum usagés des trottoirs de Paname.

Enfin, nous y voilà. Premièrement, cette histoire occulte de marchés publics détournés par toute une bande de filou tel que toi s’est soldé par un non-(ça n’a pas eu) lieu bien rémunéré par toutes les parties en jeu. Jusqu’à Jacques Chirac était mouillé dans cette sordide histoire. Vient ensuite ton fait de gloire! Les faux-électeurs! Brillante idée! Comment gagner une élection quand on est sur de la perdre? Facile, faire voter des inexistants.

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Si vous pouviez arrêter de filmer après mon passage, ça m'arrangerait. Les gens qui arrivent ne sont pas tout à fait réglos.

L’affaire a éclaté le 23 Avril 1997 dans le Canard Enchainé, que ceux qui le critiquent seraient bien inspirés d’imiter. Entre 3.000 et 4.000 électeurs inscrits illégalement par le RPR sur les listes du 5ème. Des gens lambdas invités à donner un coup de pouce à Tibéri en échange d’un futur coup de main tel qu’une place en crèche, un logement, un emploi, une statue Place de l’Etoile etc. La bonne escroquerie organisée visant surtout des gens du bas peuple qui ne pouvaient que difficilement refuser. Les gens du Canard ont découvert le pot aux roses, en allant tout simplement – liste en main – vérifier que les gens habitaient bien à l’adresse indiquée. Du journalisme d’investigation en plein Paris, chapeau l’artiste. Il faut bien faire savoir que tu as eu le culot de tout nier alors que plusieurs des parents de ton épouse, Casanova de son nom de jeune fille, étaient inscrits irrégulièrement sur ces listes. Comme quoi Casanova n’embrassait pas que les femmes, parfois le vice aussi.

A côté de ce gros morceau, ton expulsion de la mairie de Paris suite à (encore une fois) une dénonciation du Canard pour non-paiement du loyer apparaît comme du caca de gendarme de la garde civile. C’est à se demander où se trouvent les autorités et ta conscience personnelle.

Ce qui nous amène au proverbe final. Quand Tibéri, la décence pleure.

Wolfgang Amadeus Mozart.

Mercredi 4 février 2009

Monsieur Mozart, bonjour. Tu nais le 27 Janvier 1756 sous le nom de Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus Mozart, que tu abrèges en Wolfgang Amadeus Mozart. Au responsable de cette abréviation, j’aimerais dire que la prochaine fois, vous feriez mieux de prendre un vrai raccourci. Comme WAM. Parce que retenir ça en même temps que les 151 pokémons, c’est trop compliqué pour les mômes d’aujourd’hui. Tu nais à Salzbourg, ville du Saint-Empire Romain Germanique (même remarque que plus haut) dans laquelle les amendes étaient – paraît-il, je n’y étais pas – très salées. Cette commune est aujourd’hui autrichienne, ce qui leur permet de décrocher les lauriers de ta gloire, soigneusement posés près de ceux de Romy Schneider, Gustav Klimt, Sigmund Freud, Arnold Schwarzenneger et Adolf Hit… Ah non, pas lui.

Ton papa s’appelle Leopold et ta maman Anna Maria Pertl (ne me demandez pas comment ça se prononce, je n’en ai aucune idée, vous savez moi et les sauvages…). Leopold est vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg et réputé pour avoir de grandes notions de pédagogie, son épouse est juste son épouse et à l’époque, c’était bien suffisant pour elles, nan mais ho! Où va le monde?

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Okay tu avais du génie dans la musique mais tu as bien fait de ne pas faire coiffeur...

Tu te montres extrêmement précoce dès ton jeune âge. Ainsi, tu fais ta première crotte à 6 heures, ton premier pipi à 8 heures, à 12 heures tu es sur un vélo, à 12h01 tu tombes mais l’intention était là. C’est sur qu’à côté, savoir jouer du piano à 5 ans, ça a du juste emmerder tes parents d’attendre si longtemps. A 3 ans, tu démontres d’étonnantes facultés auditives musicales. Tu possèdes l’oreille absolue, c’est à dire que tu reconnais les notes de musique sans aucune aide écrite et dès le premier coup. Ton père y voit directement une source de profit splendeur et t’inscrit aux cours de clavecin, sorte d’ancêtre du piano. (On a dit partout que tu étais un petit génie et tout mais si c’était ton professeur qui était extrêmement doué? Personne n’y a pensé à ça hein? Je vais écrire une histoire, j’aurais le Pulitzer avec ça moi.) Tu as donc 5 ans et dans la foulée, tu apprends l’orgue, le violon et la composition.

Tu pars alors en tournée. On est en 1762, tu as 6 ans! Munich, Vienne, Francfort, Bruxelles, Paris, Londres, La Haye, Amsterdam,  Lyon, Génève, Lausanne et plus encore. De là à avancer que tu es la première rock star, pourquoi pas?  4 ans de voyage pendant lesquels tu émerveilleras les auditeurs à chaque passage et tu sauras tirer le meilleur de chaque culture et de chaque rencontre. A 11 ans, entre deux tartines de Nutella, tu écris ton premier opéra alors que tu as encore du chocolat sur les joues : Appolo et Yacinthus. L’année d’après, tu en composes deux, Bastien et Bastienne et La Finta Semplice, en commençant doucement à regarder sous les jupes des filles. Peu après, tu es nommé maître de concert et tu pars en road-trip en Italie avec ton père. Pas le must pour draguer. Tu y apprends toutes les bases de l’opéra, ce qui nous laissera tes plus belles œuvres : Le mariage de Figaro (avec un riche industriel français? Ah non, c’est pas le même), la Flûte Enchantée (des politiques français? Ah non, c’est pas la même). Le pape Clément avec un numéro que j’ai oublié mais on s’en fout, c’est pareil, disons le 15. Pardon. Le XV. Bref, il te fait chevalier de l’éperon d’or et ça, c’est quand même pas de la merde. Le 16 décembre, ton patron le Prince-Archevèque passe le violon à gauche. Il est remplacé par le même mais qui s’appelle Colorredo et qui est démocratiquement élu. Nan, je rigole.

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Pour qui? La postérité? Mais je m'en fous de cette conasse moi, je veux aller faire du vélo!

Tu as alors 17 ans et tu es brimé par ton nouveau boss. Il t’impose la forme de tes œuvres et n’aime pas trop te savoir en voyage, tu te renfermes alors pendant 3 ans avant de partir et d’aller écluser ta crise d’adolescence à Munich. Cependant, tu ne trouves pas de boulot dans la bonne vieille cité bavaroise (j’en connais qui doivent encore s’en mordre les couilles outre-tombe) et tu files pour Augsbourg puis Mannheim où personne ne veut de toi non plus. Tu tombes amoureux d’une cantatrice ce qui provoquera une rage noire de ton père qui te dira que la gloire n’a pas le temps pour les galipettes. Il te mettra une fessée en te rappelant entre chaque revers de la main de ne-pas-oublier-ta-carrière! Tu pars alors vers la France et Paris pensant les français plus enclins à ta gaudriole en oubliant que c’est déjà la crise à cette époque. Tu as donc du mal à survivre. Nous sommes en 1778 et ta mère meurt le 3 Juillet… Tu rentres dépité à Salzbourg en faisant un crochet par Munich pour revoir ta cantatrice qui te balance un uppercut en pleine face en t’apprenant qu’elle est amoureuse d’un autre. Le 29 Janvier 1779, tu récupères ton poste auprès du prince-archevêque.

Novembre 1780, c’est une seconde vie qui commence pour toi. L’opéra de Munich te commande une œuvre. Ce sera “Idoménée, roi de Crète” et un succès triomphal. Le prince-truc t’emmène alors à Vienne comme un faire-valoir. Sur place, il te traite de “voyou”, de “crétin” et de “peine-à-jouir” mais, au sujet de ce dernier, nous ne voulons pas en savoir plus. Tu t’installes alors dans la capitale autrichienne chez une certaine Madame Weber. Tu tombes follement amoureuse de la petite Constance Weber qui devient ta femme quelques mois après alors que tel un petit foufou, tu n’attends même pas l’autorisation de ton père. Ton émancipation est totale. Tu te maries donc le 4 Août 1782 alors que tu viens juste de terminer un opéra “L’enlèvement au sérail” pour l’empereur Joseph II.

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En hommage à Bilbo le Hobbit, Mozart s'habillait déjà comme lui en 1790. Vous avez (encore) dit précoce?

En 1784, tu entres dans la franc-maçonnerie (une association de gens proches de l’Espagne, très velus et adeptes de travaux manuels tels que le montage de parpaings ou de briques) et tu écris plusieurs oeuvres pour tes frères maçons tels que “Maurerische Trauermusik” ou encore “La Flûte enchantée”. Lorenzo Da Ponte, un de tes amis, réussit à convaincre l’empereur la création d’un opéra basé sur “Le Mariage de Figaro” de Beaumarchais. Ce sera donc les “Noces de Figaro” en 1786 et malgré son succès considérable, jamais démenti depuis, il sera très vite retiré de l’affiche.

200 ans avant ma naissance, pardon de t’avoir porté la poisse, en 1787 ton père décède. Cette nouvelle te bouleverse et influence énormément la création de l’opéra que tu avais en chantier. Don Giovanni ne sera qu’un demi-succès malgré son indéniable beauté. Alors mon petit Wolfus, tu commences à tomber en déchéance. Tu ne sais pas gérer ton argent, tu es criblé de dettes alors que tu es grassement payé pour ton œuvre abondante. Pour ne rien arranger, ton grand ami l’empereur Joseph Two décède et tu ne te retrouves plus vraiment apprécié de son successeur.

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Peu de temps après, Champollion déchiffrera les hyéroglyphes.

1791, tu finis par enfin composer la Flute Enchantée dont on a déjà parlé deux fois dans cet article. Tu meurs le 5 Décembre à 1h du matin. La nation n’est pas en deuil total comme on pourrait le supposer. Tu es enterré dans la banlieue de Vienne dans une sorte de fosse commune, signe d’un génie méconnu. Beaucoup de gens pensent encore qu’Antonio Salieri était ton ennemi juré se basant sur la vérité absolue des films qu’ils voient à la télé. Ceci est faux. Antonio était l’une des rares personnes présentes à ton enterremment et il fit même l’éducation musicale de ton dernier fils après ta mort.

Tout ceci nous emmenant donc au proverbe final : un silence après du Mozart, c’est toujours du Mozart alors faut surtout pas que quelqu’un pète.