Iossif Djougachvili – 2ème partie.
Samedi 31 janvier 2009
Tu m’excuses pour hier, Joseph, mais j’avais des trucs à finir et tu n’es plus pressé maintenant, je peux te faire attendre un peu. Nous étions donc en 1935 et déjà, les premiers opposants à ton régime de bananes se faisaient connaître. Dans leur profonde intolérance, ceux-ci montent même une 4ème internationale par le biais de Léon Trotski. Mais Ramon Mercader, un de tes agents préférés pour sa petite moustache et son petit cul moulé dans son pantalon de toréro, assassine ce dernier au Mexique en 1940 pendant que tu envoies tous les dissidents compter les flocons de neige en Sibérie. Et que tu mènes ce que l’histoire gardera comme “La Grande Purge” avec la facilité que cette connasse a à donner des petits noms aguicheurs à des événements morbides. Chaque opposant est prié de fermer sa gueule comme si on était au cinéma. Tu prétends que c’était pour éviter de te faire prendre en traitre alors que la guerre mondiale éclaterait. Permets-moi d’être sceptique surtout si l’on apprend que tu as même fait fusiller des membres de ta famille pour dissidence et pas que le slow.

Avis d'exécution : ce peintre qui me casse les couilles.
Passons tout de suite au sujet qui vous intéresse, la World War Two comme disent nos amis d’Outre-Atlantique. Après deux toutes petites batailles de frontières de rien du tout avec le Japon et la Mongolie, tu entres tête dans le guidon dans la guerre. Chien fou, tu entres en Pologne, tu prends la Finlande, les états baltes puis la Moldavie, le tout en ayant le temps de te lisser la moustache et de faire quelques courbettes à Hitler afin que celui-ci ne t’ennuie pas. ERREUR! Grossière erreur! Celui-ci rompt le traité de non-agression en faisant entrer la Wehrmacht en URSS sans valider son ticket. Tu avais pourtant refusé d’y croire, tu faisais fusiller tes fidèles qui te mettaient en garde au sujet de l’homme à la moustache. Bien mal t’en prit. Tu écris alors dans ton journal intime “Il m’a trahi, ce salaud, j’lui cause plus” avant de bruler ce dernier dans un élan de fanatisme. Les allemands échouent dans leur invasion à 22 kilomètres seulement de Moscou et ressentent alors les boules qu’on a aujourd’hui quand un téléchargement se bloque à 99.9%. Il y a quand même une justice, ils ne sont pas que pour nous les grands maux de la vie. Les schleus décident de se rabattre sur Stalingrad, ville ô combien symbolique pour t’humilier grandement. Ils échoueront là-bas aussi, comme quoi à part le foot… Et pendant que les alliés débarquent en Normandie en ramassant toute la gloire et en signant des contrats avec Spielberg (qui a pour initiales SS, vous noterez que c’est troublant), c’est ton armée qui faisait tout le boulot en détruisant 79.865% de la puissance allemande. Et ne faites pas gaffe à ce pourcentage, c’est pour faire professionnel.
1945, la guerre est finie. Tu te nommes toi-même le “Généralissime”, un matin où tu te rasais en te regardant dans ta glace et que tu trouvais que Joseph, ça faisait trop voisin de palier. Tu décides que l’hymne soviétique ne sera plus l’internationale mais un chant à ta gloire. Tu places sous ta direction tous les pays que tu as traversé et tu fais le bilan de tes morts en jouant à la belote. 25 millions de cadavres pour environ 20% de la population russe de l’époque. Joli score. Vient ensuite le Kominform, cette sorte d’amicale internationale des buveurs de rouge à bob Ricard qui rassemble tous les Parti Communiste d’Europe.

Et De Gaulle, il est où? Bah, il prend la photo...
1949, tu as 70 ans, vieux croûton et tu t’accordes un anniversaire spectaculaire. Une sorte de surprise party dans tous le pays, où personne n’est invité mais tout le monde doit venir. C’est le pic Staline, cette époque où le culte de ta personalité est à son paroxysme. Tu crées même des Prix Staline pour concurrencer les Prix Nobel… Ca va les chevilles? Tu prends ton plus joli stylo bic et tu reécris aussi les livres d’histoire. Ainsi, tu deviens le co-auteur de la Révolution russe, père d’Adam et Eve, responsable du pet qui a déclenché le Big Bang et aussi inventeur du fil à couper le beurre, sans pour autant t’en vanter des masses. J’ai déjà dit que c’est pas joli joli d’écrire sa légende alors la modifier, permets-moi de te dire que c’est pathétique.

Pourquoi il est là, Christophe? Parce qu'il a crié "Staline, pour qu'il revienneeeee!"
Le 28 février 1953, tu sors du bureau. Il est aux alentours de 16h30 (et après, on dit des fonctionnaires mais les dictateurs, c’était quand même quelque chose) quand tu montes dans l’une des trois voitures qui t’attendent. Paranoïaque comme tu es, il y en a deux qui sont des leurres et qui prennent un itinéraire différent. Tu arrives à ta Datcha (à tes souhaits) non loin de Moscou puis tu montes te coucher dans une de tes 7 chambres blindées. Tu ne sors pas de ta chambre du lendemain et au soir, le chef de la garde s’inquiète. Il réunit des camarades pour savoir que faire. Ils ont très peur de déranger et de recevoir un coup de martinet sur leurs fesses rouges mais ils se décident quand même. Ils te retrouvent mort mais mettent 6 heures avant d’appeler les médecins et ils invoqueront pour leur défense après que tu ne leur avais pas dit de le faire. C’est pas faux.
9 Mars 1953, tes grandioses funérailles se soldent par des bousculades faisant des centaines de victimes. La suite, c’est Nikita Khrouchtchev qui la donne. L’Urss rompt avec le stalinisme par texto, ton corps est retiré du mausolée de Lénine et Stalingrad devient Volgograd. Mais il réforme la forme et pas le fond, ce qui mènera tout le monde aux gentils événements des années 80′. Mention spéciale à Klement Gottwald, alors président de la Tchécoslovaquie, qui prend froid lors de la cérémonie d’enterrement et qui décède une semaine après. Même mort, tu tuais encore.

C'est le petit Picasso qui nous a fait un beau portrait de toi. Il est tout juste âgé de... Ah bon, 72 ans. Merde.
Iossif Djougachvili – 1ère Partie.
Jeudi 29 janvier 2009
Salut Iossif! Ca roule au paradis des dictateurs? Bon, de tous ceux que j’ai pu croiser, c’est toi qui commence le plus tambour militaire battant. Ainsi, jusqu’à ta date de naissance, il y a litige. Tu es né pour de vrai le 18 Décembre 1878, ce qui réfute totalement la théorie comme quoi Victor Hugo évitait d’être contemporain des crapules. Je dis “pour de vrai” (si si, ligne du dessus, suivez un peu) parce que tu as fait modifier ta date de naissance en 21 Décembre 1879. C’est soi-disant pour que celui-ci puisse être commémoré par la nation entière en même temps mais je tiens de source sure que c’était juste pour avoir l’air moins vieux. Alors que tout le monde paie pour de la chirurgie, toi tu changes ta date de naissance. Pas fou, Jojo.

- Le regard froid, la raie de côté. Tu ne te serais pas fait victimer à l’école toi?
Tu nais donc en Géorgie. Ta mère est couturière et ton père cordonnier, c’est dire que, des pieds aux épaules, tu es sapé totalement gratuitement, petit filou. Tu es un garçon au caractère difficile mais celui-ci serait dû à la personnalité envahissante de ton doux papa, Vissarion Djougachvili. Ta maman, Ekaterina Gavrilovna Gueladzé, n’est dans cette histoire que pour confirmer ce que l’on savait déjà : les russes ont des noms compliqués à prononcer juste pour embêter les élèves qui doivent tout apprendre par cœur. Ceci dit, elle travaille dur pour que tu puisses poursuivre tes études et tu finis par les rattraper.
A tes 14 ans, tu entres au séminaire de Tbilissi où tu resteras 6 ans. Tu suis divers cours, dont lectures des textes saints, religion, droit canon et autres joyeusetés. Tu commences à te montrer rebelle qu’en 1899 alors que tu es chopé plusieurs fois en train de lire des livres interdits et même pas pornographiques (Les travailleurs de la mer de Victor notamment,) et tu es finalement renvoyé pour avoir séché totalement l’examen de lectures bibliques. C’est à cette époque que tu découvres Dostoïevski, Fedor de son prénom, le fantastique romancier russe, que tu feras interdire plus tard pour sa mauvaise influence sur la jeunesse… J’apprécie ta reconnaissance.

- Il a raté sa destinée de savant fou.
Tu commences alors à vivre ta vie de clandestin. Tu deviens un vrai loulou, braquages de banques – arrestation – déportation – évasion font partie de ton quotidien. Tu adhères alors au Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie en même temps que tu gagnes le surnom de Koba, qui signifie l’ours. C’est à cette époque que tu rencontre Lénine que tu garderas dans ta mémoire comme un exemple entre tous. Un homme au-dessus des hommes. Cependant, lui ne te rendait pas la pareille. Il oubliait même ton nom devant ses amis et racontait partout que tu jouais trop perso au foot et que tu pétais au lit.
Vint ensuite la révolution de 1917 et la disparition d’Anastasia. Tu prends la direction du parti mais dès le retour de Lénine, tu te ranges rapidement derrière lui comme le bon chienchien à son maimaitre en exécutant les moindres de ses ordres. Et tu rappelleras sèchement à tes collègues leurs errements quand Lénine aura cassé sa faucille et son marteau. Tu crées alors le Politburo, qui était bien sage et bien élevé comme son nom l’indique et qui réunira toutes les futures gloires du PC.
-
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Moi, Staline et Humanité dans la même phrase, ça me frise les oreilles. Pas vous?
La guerre civile russe débute en 1918, comme quoi on n’a pas tous fait la paix à cette époque ci et tu es nommé commissaire bolchévique à Tsaritsyne. Ville que tu renommeras plus tard du haut de ton humble modestie, “Stalingrad”. Tu te fais remarquer pour ta légendaire méfiance envers tout ce qui n’est pas prolétaire. Il paraît même que tu inspectais tous les matins les moustaches de tes camarades pour qu’elles correspondent à la tienne. Sinon, c’était louche – je cite. Tu te découvres une propension à la tuerie et à l’exécution sommaire ce qui te fera entrer en lutte constante avec Léon Trotski, qui le paiera cher en 1927 avec emprisonnement et exil. En 1920, tu fais échouer la promenade vers Varsovie par un habile coup de traitre et tu diras ensuite “c’est pas moi, c’est lui” pour ta défense.
A l’époque, l’ascenseur social (c’est le cas de le dire) fonctionnait à merveille puisqu’à force de mutisme et de soumission, tu finis secrétaire général du Parti. Tu prends comme première grande décision d’envahir ton pays d’origine, la Géorgie. Ceci provoque une colère impuissante sans nom de Lénine car il était déjà gravement malade.
Pendant ce temps-là, tu apprends l’existence d’un fils né de ta première femme, morte en 1907. Il s’appelle Iakov Djougachvili et tu le couvris de bisous et de belles paroles comme lorsque celui-ci essaya de se suicider alors que tu venais de lui refuser le mariage avec sa chère et tendre. Il prit un flingue, se tira à la tête mais se rata par on-ne-sait quelle magie. Tu aurais alors dit dans ta draperie de vertu : “Il n’arrive même pas à tirer correctement.” Sympa, le daron. Tu te remaries en 1919 avec Nastasia Alliluyeva avec une jeunette de 18 ans alors que tu en as déjà 41… Vieux pervers.

Une fleur par mort dans notre famille, vous êtes trop bons, Jojo.
Tu fais ton trou au parti et ta dégaine bonhomme et ton allure commune font de toi le chouchou de tes camarades. Ils te préfèrent à un Trotski trop solitaire et trop brillant. Tu fais donc jouer tes réseaux et à la mort de Lénine, son testament, dans lequel il te désavouait, disparaît comme par enchantement. T’en auras eu de la chance… Pendant 8 ans, tu travailles dans l’ombre à expulser tous les gens qui pourraient t’être désagréables et à placer à des postes importants, tes plus fidèles lieutenants. Ainsi, le 21 Décembre 1929, tes 50 ans sont fêtés en grande chaussure à travers tous le pays et c’est le début du culte de ta personnalité si cher à nos profs d’histoire.
Tu es peu porté vers l’internationale et tu refuses de sortir de l’URSS, ce qui nous apprend que tu as très peu écouté les conseils qui prônent la mondialisation comme seule alternative, petit fripon. Tu ne définis pas ton parti comme communiste parce que ça voudrait dire qu’il faudrait que tu partages avec plein d’autre pays et que bon, faut pas non plus pousser les matriochkas dans la taïga. C’est donc une dictature totalitaire marxiste-léniniste. Tu prônes directement le progrès total car “L’urss doit être une Ferrarri devant les Renault” (c’est mon petit frère qui me souffle les citations, faites pas gaffe). De 1929 à 1933, tu “collectivises” les terres de millions de paysans. J’apprécie ton utilisation de la sémantique pour ne pas dire que tu les expropries. En 1934, après la dernière guerre paysanne de l’histoire de l’Europe, l’objectif est atteint même si tu as frôlé le Game over.

Quand Lénine et Staline jouent à Risk, c'est toute l'Europe qui se chie dessus.
La moitié du bétail abattu par les paysans en colère, des terres ravagées, une famine qui fit environ 10 millions de morts et deux millions de déportés dans les goulags. Le tout pour financer l’industrialisation. Ton premier plan quinquennal s’en sort très bien et la production fuse vers des sommets puisque les emprisonnés du goulag sont envoyés aux grands travaux : métro de Moscou, villes nouvelles, énormes usines, canaux, barrages et autres statues du Patron. C’est aussi la naissance du Stakhanovisme et chaque retard répété de 10 minutes est systématiquement accompagné de sa prime de goulag.
Les moeurs ont alors des règles bien établies : interdiction de l’avortement, prison pour les pédés, culte de la bonne famille socialo et toutes sortes de joyeusetés dans ce style pendant que tu redescends l’âge de la peine de mort à 12 ans…
Alexandre Stavisky.
Mercredi 28 janvier 2009

C'est dans cette humble demeure que fut suicidé Stavisky. Contre quelques faux billets, il est possible de faire une fausse visite.
Bonjour Alex’. Tu es né en Ukraine, le 20 Novembre 1886, ce qui fait que tu ne nais pas contemporain de Victor Hugo qui n’aimait pas trop côtoyer les canailles. Et pour être une canaille, tu en es une belle. Ton enfance est anecdotique puisqu’il est impossible d’en trouver trace nulle part. Tu es naturalisé français en 1910, un peu avant la guerre. C’est dire si tu as bien choisi ton moment. On peut avancer que tu as laissé ta trace dans l’histoire française et c’est peu dire puisque la tienne est contée dans les manuels d’histoire.

Mais on veut bien son fric quand même!
Le 23 Décembre 1933, le directeur du crédit communal de Bayonne, qu’il ne fallait pas prendre pour un jambon, Gustave Tissier est arrêté pour mise en circulation de faux billets et fraude mais pas que dans le rer. 235 millions de francs de faux-billets dont on découvrit l’origine. Tu avais, avec la complicité du maire de Bayonne, fondé cette banque afin de te remplir les poches. Mais tu fais encore plus de bruit mort ce qui est particulièrement inhabituel et contraire aux lois de la nature, je le dirais à Newton. Tu es retrouvé dans un chalet perdu de Chamonix, le 8 Janvier 1934. Une balle dans la tête. Suicide ou meurtre? Le Canard Enchainé titra « Stavisky se suicide d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant ». Le facétieux volatile fait preuve encore une fois de clairvoyance et il s’avéra ensuite que tu étais en accointances avec le député Bonnaure, le sénateur Renoult, le ministre des Colonies et ancien ministre de la Justice Albert Dalimier, les directeurs de journaux Dubarry et Aymard. Ainsi que quelques procureurs qui avait élégamment repoussé tes multiples procès (19!!) à chaque fois. Une sorte de Bernard Tapie des temps anciens.

Avoue que tu as fait tout ça pour être jouer par Bebel et on n'en parle plus.
Tu auras ensuite une aura prodigieuse car tu déclencheras une émeute le 6 Février 1934. Les forces d’extrème droite n’oublient pas dans leurs crasseux amalgames de stigmatiser les juifs (puisque tu l’étais, ça se voit bien) afin de renverser le pouvoir. C’est chose faite le lendemain avec la démission de Daladier et l’entrée au gouvernement de figures de la droite parlementaire tel que le maréchal Pétain… Tu vois dans quel merdier tu nous as mis maintenant?
Toujours est-il que lorsque l’on s’apelle Stavisky, il est bien normal de mourir à la neige.
Richard Kuklinski.
Mardi 27 janvier 2009
Bonsoir Monsieur Richard. Je vous gratifie d’un monsieur et d’un vouvoiement peu orthodoxe. C’est dû au respect que je dois à votre humble caveau familial dans lequel vous êtes non moins humblement enfermé. Je dois avouer que la peur de représailles de la part de votre descendance n’est pas non plus étrangère à tous ces signes de respects… Parce que moi et le respect, c’est quelque chose. Tu es donc né, Richou, le 11 Avril 1935, à Jersey City, dans l’état du New-Jersey, nom de ville si caractéristique de l’imagination et de l’originalité à l’américaine. Je veux dire que si dans le département du Cantal, on appelait une ville, Ville du Cantal, on aurait l’air cons. Ah bah oui, d’accord, c’est pour ça…

T'inquiète pas Richard, on cherche juste ton meilleur profil.
Tes parents Anna et Stanley étaient tous deux immigrés. L’un polonais, l’autre irlandais histoire de bien coller au cliché de l’immigration aux Etats-Unis. Tu as eu 3 frères et sœurs. L’un d’eux , Florian, (a-t-on idée de s’appeler Florian?) fut abattu par ton ivrogne de père qui rentrait bien aviné du bistrot et qui faisait éclater sa toute puissance sur ses enfants et sa femme, c’est bien connu, ça ne riposte pas. Peu de temps après cette incartade, Stanley quitta la maison avec sa maîtresse. Te laissant seul avec ta mère mais devant te débrouiller par toi-même. Tu commences alors à voler, d’abord comme un Jean Valjean made in poverty puis comme un Jacques Mesrine pour te faire du fric. Tu te fais remarquer dans le milieu underground de la délinquance pour ton tempérament impulsif et ta volonté de tuer.
A 14 ans, tu tues ton premier bonhomme pour fêter ton entrée triomphale dans le monde adolescent. Charley Lane, le leader d’un petit gang de ton quartier, qui passait son temps à te moquer et à te battre. Ainsi tu prends l’initiative, malgré ta dyslexie, de lire le “True Crimes Magazine” – le parfait petit manuel du parfait petit assassin – afin de monter le coup parfait. Et ô plan combien astucieux, ce livre t’a apporté. Tu suis ta victime avec une batte de baseball jusqu’à ce qu’il soit seul et dans une allée peu éclairée. Alors tu commences à le frapper, d’abord pour lui chatouiller le visage mais ensuite pour lui masser le cuir chevelu. Lorsqu’après avoir écumé toute ta rage, tu te rends compte que ta victime n’avait pas survécu au massage, tu lui découpes les doigts et lui enlève les dents, pour rendre toute identification impossible. Avant de le jeter au fond d’un lac… Plutôt futé pour un débutant, il n’a pas l’air si mal ton bouquin!

Fallait pas manger tous les chipsters, aussi.
Tu révèleras plus tard que c’est ce jour-là que tu as appris, dans une sorte d’ironie morbide, qu’il était meilleur de donner que de recevoir. Oh oh oh, un vrai poète. A partir de ce jour, tu remplaces la batte de base-ball, trop voyante, par un couteau bien aiguisé et plus facile à manier. Tu commences à prendre ta revanche sur tous ceux qui t’ont quelque peu brimé. L’histoire ne le raconte pas mais je le tiens de source sure, que tu as même égorgé et évidé un de tes anciens camarades qui t’avait piqué un pain au chocolat. Tu aurais alors eu ces mots : “Crève, voleur de goûters.”
Très vite, tu acquiers une réputation solide de dur à cuire, plus dur que les oeufs de ta grand-mère. Tu formes un gang, le “Coming Up Roses” pour le côté magnifique des roses qui savent piquer quand on les ennuie de trop près à vouloir toujours regarder sous leurs pétales. Tu achètes alors ta première arme et tu sautes donc, promotion logique et méritée, dans le monde du crime organisé. Tu t’associes avec la famille du crime, les Gambino, nom cliché qui démontre d’un grand manque de fantaisie dans le milieu du banditisme américain de l’époque. Cette association commença avec de l’argent. Comme dans un film, tu devais de l’argent à un associé de Gambino qui envoya Roy DeMeo pour te faire cracher. Après une salve de balles, tu te noies dans ton sang en jurant de te venger. Mais en attendant, tu te dis qu’il pourrait être sympathique de faire des affaires avec ces gens-là. Tu ranges donc ta haine au placard de tes sentiments exacerbés et tu rembourses ce que tu dois. Tu commences alors à bosser entre cambriolages et piratages de photos pornographiques avant que les pontes se rendent compte de ton formidable besoin de sang.

La coupe de Wolverine sur la tête de Culbuto. Que fait la police?
Mais on ne devient pas tueur comme ça et il fallait des examens digne de ce nom et pas que d’urine. Le Big Boss t’emmena en voiture, s’arrêta dans une rue et t’ordonna de descendre de la voiture et le premier venu. Chose dite, chose faite. Malheureux destin de celui qui passait là.
Tout ce qui vient ensuite relève du manuel du parfait assassin : tu as avoué entre 100 et 130 meurtres, par strangulation, feu, couteau ou poison? Tu révèles une préférence pour le cyanure qui tue vite et qui est quasiment indécelable sauf pour le Dr House mais il était déjà très occupé à l’époque. Tu expliques aussi tes méthodes de dissimulation des corps tels que l’enterrement, mutilation, démembrement ou plus subtilement de les placer sur les bancs dans des parcs publics. Les deux méthodes que tu chérissais étaient de mettre le corps dans un énorme bidon d’huile pour décomposer la peau ainsi que nourrir les rats géants avec tes ennemis encore vivants… Et on s’étonne après qu’il y ait des Tortues Ninja avec maître Splinter?

Mais lâchez-moi, nom de Dieu! Je connais Nicolas Sarkozy!
Une ombre tache cependant ton palmarès. Les autres membres de ta petite mafia qui se sont portés témoins pour le gouvernement affirme qu’ils ne t’ont jamais vu participé à aucun meurtre. Ainsi, même pour celui de… Roy DeMeo, qui aurait du payer cher ta rancune tenace et ton gout de la vendetta, il est prouvé qu’il fut l’objet de l’attention amusée d’autres membres de son crew.
Peu de temps après, tu commences une carrière de tueur à gages et tu épouses Barbara Pedricci. Tu mènes une double vie, nul ne connait ta véritable activité dans ton entourage et personne ne se pose de questions quand tu pars au beau milieu du gigot de belle-maman, à part une, inévitable et fatidique : “il est trop cuit?”
Initialement appellé le “Polack” par le sens de la création de tes camarades, tu seras renommé “Ice Man” pour ta façon de cacher tes cadavres dans un camion de marchand de glaces. Ta méthode a été découverte un soir d’une brulante nuit d’été alors que le coroner a retrouvé des traces de glaces sur le cadavre. Tu deviens ensuite ami avec Robert Prounge qui t’apprend à te servir de cyanure pour dézinguer ta clientèle. Tu déclareras bien plus tard aux autorités que Bob Prounge était complètement dingue et qu’il lui avait proposé un contrat pour tuer sa femme et son fils. Il fut retrouvé abattu dans un camion et tu revendiqueras ce meurtre.

Putain, ils étaient mieux fringués à l'époque, les témoins de Jéhovah.
Tu es bêtement arrété en 1986 par un agent double, qui te proposait un contrat et à qui tu expliquais tous les tenants et aboutissants. Ta femme est arrêtée avec toi ce qui te fout pas mal en rogne.
Tu prends prison à perpète et tu deviens une star, Interviews, psychiatres, journalistes, profilers, tout passe dans ta cellule afin d’avoir des révélations morbides de la star du meurtre. Tu meurs finalement à ton tour le 5 Mars 2006, certainement empoisonné. Ce qui nous amène au proverbe final : Il vaut mieux avoir le cul posé que le Kuklinski.
Bernard Tapie.
Lundi 26 janvier 2009
Bonsoir Nanard! Comment vas tu? Je commence? Non parce que les deux mastars qui m’entoure, c’est normal? Ah bon, okay, alors j’y vais. Tu es né le 26 Janvier 1943, en pleine amitié franco-allemande de parents que l’Internet ne veut pas dévoiler. Appelons-les Georgette et Édouard, ça ne te dérange pas? Toute ta vie est occultée par tes glorieux faits d’armes dont nous parlerons plus tard et il est très dur de savoir ce que tu as bien pu faire avant. Nous savons que, comme tous les jeunes de l’époque, tu as fait ton service militaire. On le sait parce que c’est écrit sur toutes tes courtes biographies dans lesquelles tu dis que c’est à ce moment que tu as compris que ta ténacité et ta grande ambition pourraient – je cite – te faire réussir dans la société. C’est un peu de la triche de construire sa légende soi-même. Tu démarres plus tard ta carrière dans la vente de téléviseurs et tu appliques les pratiques des dealers de cocaïne et d’héroïne en prêtant l’objet aux clients afin de les rendre accro. Le pire, c’est que ça marche tellement bien que tu deviens propriétaire du magasin très rapidement.

Bah me regardez pas comme çà, je suis réglo maintenant.
Ensuite en 1977, alléché par la technique du “J’achète peu et je revends cher” apprise très tôt par tous les dirigeants appelés à travailler avec l’Afrique, tu te lances dans l’achat et la revente d’entreprises en difficulté avec le soutien indéfectible du Crédit Lyonnais alors possédé par l’état français. Ainsi, tu apparais en sauveur auprès des français en intervenant avant ta prise de pouvoir de chaque entreprise pour que les licenciements n’aient pas lieu sous ta règne. Ou de l’art d’avoir les mains propres mais les gants sales. Ton avocat d’affaire était alors… Jean-Louis Borloo, encore ministre d’état aujourd’hui. Dis donc, tu nous avais caché tes amis haut placés jusque-là! Je pense que cela va expliquer plein de choses dans la suite des évènements.
En 1986, tu prends possession de l’Olympique de Marseille avec pour objectif de lui écrire ses lettres de gloire. Quand tu quitteras le club en 1994, tu auras 4 championnats, une coupe de France, la fameuse Champion’s League et 8 mois de prison avec sursis pour une affaire de corruption, la fameuse OM-VA.

Je fais le compte du nombre de femmes que je peux entretenir avec l'argent de l'état.
Mais ce bon vieux Bernard, tu avais senti l’orage poindre et tu avais trouvé la recette miracle pour ne pas avoir à répondre de ses multiples errements frauduleux. Tu es entré en politique! D’abord en 1992, aux élections régionales de la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Puis en 1994, tu deviens un peu l’homme de main de Mitterand, qui n’avait pas oublié d’être un truand malgré son côté angélisé par toute cette bonne société de gauche.
Peu de temps après éclate l’affaire dite “du Crédit Lyonnais” qui sera en jugement jusqu’à l’été 2008. Tu as souffert, mon vieux. Tellement souffert que l’état français dans sa grande clémence et surtout pour te remercier de ton soutien pendant la campagne présidentielle t’accorde un bonus de préjudice moral de 45 millions d’euros. Sans compter les 400 millions d’euros que tu récupères après t’être fait flouer au cours de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais. Cette somme te permet de te renflouer et de rembourser toutes tes dettes: 190 millions de créances publiques, 30 millions de diverses dettes ainsi que 30 millions de frais. Tu n’es pas un petit joueur et quand tu t’endettes, c’est pas comme le populo lambda.
Mais mon bon monsieur, tu ne trouves pas étrange que l’on accorde ce genre de bonus à quelqu’un d’aussi malhonnête? Toi, ça n’a pas l’air de te géner.

Saint Sarkozy, faites que je ne me fasse pas choper pour tous les trucs que personne n'a vu. Amen.
L’affaire Testut, ça ne te dit rien? Du nom de cette entreprise de pesage avec laquelle tu prêtais de l’argent à tes autres entreprises sans le déclarer. Et cet emprunt de 100 millions que tu prends à plusieurs banques dont le Crédit Lyonnais. 30 millions seulement, serviront à leur cause initiale. Le reste disparaîtra dans les limbes de ton influence. Pour cette affaire, tu seras condamné pour abus de bien sociaux à 2 ans de prison avec sursis, à 300 000 francs d’amende et à 5 ans d’interdiction de gérer une entreprise.
Et l’affaire Phocéa? Tu te souviens? Allons bon, le bateau que tu avais racheté et rénové pour en faire un palace de luxe. Remember? Il te coûtait 12 millions de francs par an et 100 000 francs de frais par jour de croisière! Ah, ça te revient. Tu l’avais déclaré sur une de tes entreprises en déficit pour pouvoir éviter le fisc. Manque de pot, le fisc prodigue rattrape toujours les mauvais pécheurs. Et rebelote, tu te vois condamné à 18 mois de prison dont 6 ferme pour fraude fiscale. Mais, la grande magie de la justice française à 15 vitesses lance un vibrant abracadabra et tes deux peines sont cumulées en une seule. Mais la justice n’a jamais porté plainte pour préjudice moral malgré le nombre de fois que tu l’as enculée.
Aujourd’hui, tu coules des jours heureux dans le béton de ton passé d’escroc. Des gens t’embauchent pour jouer dans des films et téléfilms, ils évitent juste de faire chanter depuis l’expérience de “Bernard Tapy” et malgré tes tubes “Les Pistonnés”, “Pour de rire, pour de vrai” et “Réussir sa vie”. Des gens s’enthousiasment même de ton côté auto-didacte qui a su s’en sortir seul!Et certains ont même vanté la décision de la justice de t’accorder autant d’argent…
Comme quoi, la machine à laver les cerveaux fonctionne encore et pour longtemps…

T'es sur que ce n'est pas pour tes chansons que tu es allé en prison?
Charles Pasqua.
Lundi 12 janvier 2009

Comment ça, je te rends tes Ray-Ban? Mais moi aussi, je veux avoir la classe, oh!
Charles, Charles, Charles! Tu nais le 18 Avril 1927 à Grasse dans le département des Alpes-Maritimes. Tes parents sont André Pasqua et Françoise Reinaldi, l’un est flic et l’autre est mère au foyer pour respecter la tradition machiste couillu du fier Sud embrasé de soleil. En suivant l’exemple de ton père, tu entres dans la Résistance à 15 ans en 1942, refusant corps et âme une quelconque idée d’occupation. A 20 ans, ta licence de droit en poche, tu te maries avec une québécoise rencontrée à Grasse, j’ai nommé Jeanne Joly. Si elle s’était appelé Jeanne Mauche, te serais-tu marié quand même? Rien n’est moins sur…
Bref, en 1952, tu es embauché par Paul Ricard ce qui explique plus ou moins cette couche de mentons que tu as sous la bouche. C’est une collection que tu fais? En 1959, tu montes le SAC (Service d’Action Civique) qui avait pour but strict de protéger le Général au Long Nez. Ce n’était ni plus ni moins qu’une organisation terroriste mais j’ai comme dans l’idée que tes accointances avec le pouvoir permet encore aujourd’hui que ce groupuscule soit classé comme “association loi 1901″ au même titre que Emmaü, les Restos et “l’association pour trouver une bague à la taille des doigts de Zohra Dati.”
Tu es élu député à Clichy-Levallois en 1968 sous l’étiquette gaulliste. 1977, tu es élu Sénateur des Hauts-de-Seine.

Oh, regarde! Un contrat illégal! On peut se faire du fric dessus, on le prend.
1981, ton heure de gloire est arrivé mais repartie aussi vite, elle avait un train à prendre. Tu parraines la campagne de Jacques Chirac, illustre perdant de cette élection face à Tonton. Bien vu, l’artiste!
1982, tu es témoin au premier mariage de Nicolas Sarkozy qui, pour te remercier, l’année d’après te vole littéralement la mairie de Neuilly Sur Seine. Les années passent, ton menton grandit et doucement, tu t’installes dans ton poste de vieux con gouvernant qui se prend pour Dieu. Ainsi, en 1986, tu es nommé à l’intérieur et ça s’est senti à l’extérieur.

Quand t'es arabe, tu ne peux pas être au mauvais endroit au mauvais moment, ça fait mauvais genre.
Malik Oussekine, battu à mort le 5 Décembre 1986 pendant l’effervescence des manifestations contre une réforme étudiante. Mais voyons voir l’histoire.
Le jeune Malik, 22 ans, sort tout guilleret d’un club de jazz du Quartier Latin. Il vient de s’abreuver de saxophone, de piano et de trompette et c’est le coeur en joie qu’il remonte le Boul’Mich. Quand soudain, deux voltigeurs (du nom de ses tueurs à moto, l’un conduisant et l’autre frappant à la volée ce qui se trouvait sur son chemin) se mettent à le poursuivre. Malik prend ses jambes à son cou, il court et croise Paul Bayzelon qui pousse la porte de son immeuble. Il s’y engouffre. Il se croit sauvé mais non, les policiers entrent à leur tour et lui déversent un torrent de caresses et de massages partout sur le corps. Ils l’inondent d’une subtance liquide rouge “qu’il paraît qu’elle est mieux pour masser.” Le samu accourt sur place et le transporte à l’hopital où ils décèdent “autant de son insuffisance rénale que du passage à tabac”. Ils n’ont rien trouvé de mieux pour se dégager les responsabilités. Et toi, Charles, tu précises que « Si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais d’aller faire le con dans les manifestations.» Il était jeune, arabe et rien ne te permettait de penser qu’il pouvait être là par hasard, c’était forcément un casseur. Les deux policiers ont eu 7 ans de prisons avec SURSIS à EUX DEUX. L’un avait 52 ans et a pris une pré-retraite, l’autre a été muté. Bravo, la justice.
Dans ta grande mansuétude, tu déposes en 1988 une demande de loi “relative au rétablissement de la peine de mort ainsi que pour la protection des fonctionnaires de sécurité et de justice”. Faisons avance rapide jusqu’à 1995 et l’élection de Jacques Chirac. Tu le soutiens depuis 1981, tu es considéré comme son mentor en politique mais tu soutiens… Edouard Balladur, cette baudruche molle. Quel flair, mes amis! Quel flair… Celui-ci, sans rancune, te refile la Légion d’honneur le 14 Juillet 1995. Pourquoi? On ne sait pas mais c’est pas pire que Poutine. Depuis, tu végètes entre Sénat et conseil régional encaissant tranquillement les chèques de tes cumuls de mandats.

Mon compte en banque? Aussi petit qu'un rond de cette taille, monsieur le juge. Certains mois, j'ai même du mal à joindre les deux bouts...
Parlons du volet intéressant. Les affaires. Tu es cité dans 6 grosses affaires : La Sofremi, l’Angolagate, le Casino d’Annemasse, le déménagement du siège d’Alsthom, la fondation Hamon et Pétrole contre nourriture. Toutes ces affaires ont permis de mettre à jour le “réseau Pasqua” qui s’étend jusqu’en Afrique. Mais tu restes sénateur quand même, faut pas déconner. Elle est belle, la république.