Strange Fruit – Billie Holiday

Vendredi 28 novembre 2008

L’histoire commence par un poème d’Abel Meeropol, qui comme son nom l’indique, était juif. D’origine russe, il vivait dans le Bronx où il était professeur. Il écrivit le poème “Strange Fruit” après avoir vu la photo du massacre voire même du lynchage de Thomas Shipp and Abram Smith, le 7 Août 1930.

fg

On les a mis là pour qu'ils voient mieux le spectacle, ça partait d'une bonne intention.

Billie Holiday chante la chanson pour la première fois en 1938 au Café Society à New York à la demande de l’auteur du texte. Billie donna une nouvelle dimension à la chanson en l’interprétant de façon tragique et inspirée. Certains témoins décrirent leurs sensations à la suite de la prestation de la chanteuse et déclarèrent avoir eu l’impression d’être au pied de l’arbre. Ce strange fruit (fruit étrange) est évidemment le pendu qui se balance comme un fruit.

Southern trees bear strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black bodies swinging in the southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant south,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolias, sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh.

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,
Here is a strange and bitter crop.

Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers

Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l’odeur soudaine de la chair qui brûle

Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que l’arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !

Cette chanson est la première qui sortait du repertoire habituel de Billie. On peut dire qu’elle fut l’un des premiers actes de résistance civique aussi important que celui de Rosa Parks. Elle interprétait cette chanson à toutes les fins de concerts avec toujours le même rituel : lumières éteintes, projecteurs braqués sur son visage. Elle eut l’audace de chanter Strange Fruit dans une ville du Sud et fût gentiment ramenée à la sortie de la ville par quelques fourches amicales. Comme quoi, sa vie c’était pas toujours des vacances.

France Gall Revival

Mardi 25 novembre 2008

Qui a eu cette idée folle de privatiser l’école?

C’est-ce-sacré Sarkozy, sacré Sarkozy!

Lundi 24 Novembre 2008.

Lundi 24 novembre 2008

Les associations Droit Au Logement et Les Enfants de Don Quichotte ont été condamnées à verser 12.000€ pour embarassement de la voie publique et à rendre les tentes et seulement à rendre les tentes pour Don Quichotte. On se souvient que les deux associations avait organisé des campings sauvages dans Paris pour sensibiliser l’opinion et surtout pour demander le relogement de familles en difficulté.

On voit bien où en est la démocratie en France aujourd’hui. On attaque au porte-monnaie des associations à but humanitaire pour les forcer à mettre un genou à terre, à courber l’échine et à lécher l’entrejambe du pouvoir. Ainsi, elles ne pourront plus dévoiler à la masse les mensonges et l’infamie de ces promesses non-tenues. Surréaliste, la France laisse passer des actions comme celle-ci sans même s’émouvoir.

En tout cas, on notera que les pouvoirs publics considèrent une tente comme un débarras sur la voie publique. Mais au moins, il n’y a pas les ordures comme Kadhafi à l’intérieur… Dont acte, j’adresse ce message à qui de droit.

Jean Moulin

Lundi 24 novembre 2008

Salut Jeannot! Tu nais le 20 Juin 1899 à Béziers sous le nom complet de Jean-Pierre Moulin. Tes parents sont Blanche Pègue et Antonin Moulin. Tu es le quatrième et dernier de la fratrie après Joseph, Laure et X – celui dont l’histoire n’a pas jugé utile de retenir le nom, elle avait déjà trop de boulot. Ton père est un ardent défenseur de la République ainsi que ta mère. Ils forment un couple progressiste pour l’époque puisque Blanche est très instruite. On peut donc dire que ton père avait fait bonne pêche (ins-truite – pêche oh oh oh). La famille Pègue est très implantée dans la région, nous pouvons donc dire qu’elle faisait partie de la Pègue locale.

Tu grandis, tu grandis et nous arrivons à tes 15 ans lorsque la grande Guerre éclate. Tu composes des caricatures qui sont publiées dans des journaux locaux et qui dénotent d’un talent certain. Ce qui faisait d’ailleurs parfois dire aux amis de ton père lorsqu’ils discutaient avec lui : “Ton Moulin va trop vite!”. En 1917, tu obtiens ton bac et tu t’inscris à la faculté de droit de Montpellier et sur recommandation de ton père, tu entres au cabinet du préfet de L’Hérault, ce qui ne signifie pas que tu nettoyais les chiottes. Tu es mobilisé le 17 Avril 1918 comme tous les jeunes de ton âge et vous êtes envoyé en road-trip jusqu’à la Moselle, vers Dun et tout ce coin là. Ces visions d’horreur te laissent une impression étrange…

jean_moulin

Bon, Oscar Wilde, tu arrêtes tes conneries et tu nous rends Jean Moulin, merci!

En Octobre 1919, tu es démobilisé et tu retournes à tes études et à ton préfet. Tu adhères en 1921 aux jeunesses laïques et républicaines pour séduire les jeunes filles libérées de la “Belle époque”, surnom sympathique de l’entre-deux guerres. En 1922, tu es nommé chef de cabinet du préfet de la Savoie (tranquille et toi?) et tu as de plus grandes responsabilités : maintenant, c’est toi qui tire la chasse. En Juillet, tu exposes des aquarelles et autres dessins humoristiques sous le pseudonyme de Romarin puisque ton poste ne te permettait pas de telles divagations. A 26 ans, en 1925, tu deviens sous-préfet de Savoie. Tu te maries en 1926 à Marguerite Cerruti, qui te permet de mettre un premier pas dans le milieu de la mode. Bon, non, rien à voir avec les couturiers. D’ailleurs, tu as du te rendre compte de la supercherie aussi puisque tu divorces deux ans après en 1928. En 1932, après diverses occupations, tu es nommé chef de cabinet au ministère de l’Air. Tu deviens le plus jeune préfet de France en 1938, à 39 ans. Quand on voit que le plus jeune président américain avait 41 ans, tu avais un peu de retard. En 1939, après la Charente, tu es muté à Chartes afin d’y admirer sa cathédrale.

hj

Maman, prends vite la photo, y a la Star Ac' qui commence!

Mais la guerre éclate! Tu es arrêté par la police allemande pour avoir refusé d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais d’avoir commis des immondices sur la personne d’habitants d’un vieux patelin français qui avait été, en fait, bombardé par les allemands. Tu es alors enfermé et maltraité pour refus de coopération et tu tentes de te suicider avec un bout de verre brisé qui te laissera une jolie cicatrice à la gorge que tu cacheras dorénavant, révélant ainsi le secret de ta petite écharpe. Septembre 1941, tu rallies enfin Londres après un long périple par l’Espagne et le Portugal. S’il y en a qui passent par la manche, tu as choisi d’y aller par les chaussettes. Chacun son choix. Tu rencontres le Général de Gaulle à qui tu dresses le bilan et l’état de la résistance en France libre. A partir de là, tu prends le surnom de Rex. Celui à qui Grand Charles disait : “va chercher, les infos!”

df

1) On veut un accès wi-fi dans tous les bistrots.

Tu récupères ton pseudonyme de Romanin pour officier en tant que galériste d’arts à Nice ce qui te servira de couverture crédible. En Février 1943, tu es décoré de la Croix de la Libération par De Gaulle et tu aurais eu l’air bien con si la France n’avait pas été effectivement libérée. Tu retournes en France en Mars sous le nom de “Max” et tu es bel et bien une menace puisque tu crées, au nez et à la longue barbe mal rasée des officiers allemands, le Conseil National de la Résistance. La séance d’inauguration se tient à Paris, au 47 rue du Four. Ça ne s’invente pas.

nj

Chapeau mou, regard dans le vide, sourire niais. Tu serais pas socialiste toi?

Tu es arrêté le 21 Juin 1943 (tu n’auras même pas pu profiter de la fête de la musique, c’est salaud ça) dans la paisible commune de Caluire-et-Cuire (ça ne s’invente toujours pas). Le chef de la gestapo, Klaus Barbie s’attelle à ta torture pendant que Helmut Ken fait la cuisine. Tu meurs le 8 Juillet 1943, dans un train, aux environs de Metz, alors que tu étais emmené vers les camps de concentration. On aurait alors enfin pu infirmer le fameux proverbe et dire que “on peut être à la fois au four et Jean Moulin”. Dommage…

df

Après ton entrée au Panthéon aka le plus grand cendrier du monde et les honneurs qui vont avec, tu subis l'affront de sentir la salive de toute la France te lécher la face. Ils sont timbrés.

La bicyclette.

Vendredi 21 novembre 2008

Toute l’histoire du vélo démarre en 1790 comme quoi on a la révolution que l’on peut. Démarre soi-disant devrais-je dire. Puisque le bien-nommé “célérifère” inventé par le Comte “Mede de Sivrac” n’existe tout simplement pas. C’est donc l’histoire d’une supercherie. Mais pourquoi? Tout simplement qu’un historien du vélo de la fin de 19ème siècle, Mr Baudry de Saunier,  décide que c’est plus valorisant pour la France d’avoir créer l’ancètre de la bicyclette. Même si l’ancêtre n’est qu’une machine à courir sans direction, le mec se dit que puisque c’est un allemand qui l’a réellement inventé, c’est pas si con que ça. Donc il invente un personnage et il dessine des plans de sa machine qu’il nomma célérifère. Il avait une véritable passion pour les légumes. Les musées nationaux ne trouvant pas de reliques (bizarre ça!) se firent faire des copies. Et c’est ainsi que sont toujours exposés aujourd’hui, des célérifères. La fumisterie fut découverte dans les années 50′ (oui oui, 1950) par un esprit sagace qui a été vérifié les brevets et qui s’est tout simplement rendu compte qu’un célérifère existait depuis 1817 et que c’était une voiture à cheval. Dont acte, reprenons la vraie histoire après ce sympathique interlude.

gh

Voici donc une superbe draisienne. Elle est, bien sur, l'héritière de la douzième et l'inspiratrice de la quatorzième.

Toute l’histoire du vélo démarre en 1817 où  le baron allemand Karl Drais von Sauerbronn (société des noms à coucher dehors, bonsoir, je vous écoute.) invente la Laufsmachine qui est une machine à courir. Il la présente à Paris la même année et un brevet d’importation est déposé en 1818 par le baron Drais, qui du haut de sa modestie, nomme sa machine la draisienne. Cette fameuse draisienne connût un certain succès à l’import aux Etats-Unis et en Angleterre où on lui donna le nom de Dandy horse, Hobby Horse ou encore trotinette. Ce n’était rien de plus d’ailleurs qu’une trotinette puisqu’elle ne se propulsait qu’à l’aide d’une poussée des pieds. Cependant le phénomène s’essoufle vite mais c’est le propre des phénomènes de mode. Une fois passé le côté novateur, on y voit le côté ridicule.

fg

Encore trois minutes et c'est ton tour, ma mie!

Marquons donc une grande ellipse ( nom féminin du grec ἐλλείπω : elleipô (laisser de côté, négliger)) à travers le XIXè sans s’occuper de restauration, monarchie, trois glorieuses et autres Victor Hugo. Actionnons le frein à main en 1861, l’année où Pierre Michaux (qui avait une jument qui s’en est repenti) inventa… La pédale! Pas l’insulte, pas l’homosexuel.

Puisqu’on parle de ça, vous connaissez la blague? François Delanoë est en voiture avec un de ses conseillers lorsqu’il grille la priorité à un vélo. Il lui rentre dedans, c’est le choc. Delanoë sort en catastrophe mais le cycliste n’a rien. Il remonte sur son vélo et lui crie “espèce d’embrayage, va!” Bon, François remonte dans la voiture et demande à son conseiller le pourquoi de cette insulte. Voyant son acolyte bégayer, bafouiller, rougir et autres timidités, il le force à s’expliquer. Et le conseiller de lui dire : “L’embrayage, c’est la pédale de gauche…”

La pédivelle. Il crée son entreprise “la maison Michaux” pour fabriquer en série, le bien-nommé vélocipède à pédales. Celui-ci rencontre un vrai succès populaire. Notons au passage l’ingénieuse stratégie marketing pour vendre son produit à ses débuts. Le père Michaux envoyait son fils se promener avec l’engin dans les rues fréquentées de Paris et il le vendait au premier que ça intéressait.

Quasiment en même temps, un engin similaire appelé bisicle rencontrent un franc-succès aux States. N’y voyez pas là les signes que les idées sont dans l’air du temps, c’est simplement l’ancien associé de Michaux qui est allé se faire dorer le portefeuille au Nouveau-Monde. Pas radin en humour, les américains l’appelèrent “bone shaker” pour secoueuse d’os, la machine étant en bois avec des roues en bois sur des pavés. Je vous laisse imaginer le massage.

g

Et la prochaine fois que vous coucherez avec ma meilleure amie, ce sera pire...

La guerre de 1870 passe par ici, passe par là mais décide de revenir plus tard. On trouve alors une utilité aux fourreaux de sabres qui sont obsolètes. On remplace les tubes pleins des vélos par ces fourreaux beaucoup plus léger. Le progrès commence alors dans le milieu et ne s’est toujours pas arrêté. En Angleterre, ils décident qu’on aurait l’air plus classe comme ça, avec une graaaande roue devant et une petite à l’arrière. C’est le fameux Grand-Bi qui n’a rien à voir avec une personne de 2 mètres des deux bords sexuels.

En 1884, un brillant anglais employé d’une usine de machines à coudre de Coventry (ne riez pas, moi aussi je me suis dit que c’était bizarre sauf que c’est l’ancêtre de Range Rover, cette société) décide de remettre les roues à taille égale, de poser une transmission par chaîne et d’installer le pédaleur à l’arrière, ce qui devait pouvoir lui éviter de faire la chute dite du “soleil”. Pour tous ceux qui ont fait du vélo, on peut dire que c’était un incapable parce qu’on a tous un jour fait le vol plané par dessus le guidon.

En 1888, attention on le connaît tous celui-ci, John Boyd Dunlop commença sa carrière dans les pneux ( et non pas, peuneux) ce qui contribua à améliorer grandement le confort du cycliste.

gh

Un autre exemple d'avancée sociale : après de grandes manifestations et de vives protestations sur le thème de "on vit en vélocratie", "on a quand même un droit d'vélo!", les vélos de France ont obtenu d'inverser les rôles...

Dans les années 1890, le vélo commença à avoir des vitesses et se vit fabriqué en série ce qui facilita l’accès à toute la population. De nos jours, à part quelques changements de matériaux, le vélo est identique à celui de 1900. Il est toujours le véhicule le plus répandu à la surface du globe avec plus d’1.5 milliards d’unité. Il a permis l’émancipation des femmes en créant de nouveaux vetements adaptés, les libérant ainsi plus ou moins du corset. C’est ainsi qu’en partant d’un allemand un peu con qui s’était dit

“Tiens, je vais inventer une machine à courir et comme je suis un peu hype, ça va marcher!

- Attends Helmut, je veux bien que les gens soient cons mais un truc sur lequel on s’asseoit et qu’on pousse avec les pieds, ça ne marchera jamais surtout si on prend en compte les gadins que vont se prendre les gens sur ta connerie sans moyen de s’arrêter…”

-Jean-Louis! (oui, c’était un expat’) Ca va marcher!”

Et finalement, c’est lui qu’a eu raison. C’est beau le progrès…

Bicycle Race – Queen

Charles de Gaulle – 3ème acte.

Jeudi 20 novembre 2008

Mai 1968, tout un programme. La révolution étudiante commence à peine dans plusieurs pays du Monde. Tu n’y vois pour ta part qu’un immense chahut étudiant. En même temps, tu ne t’attends pas à cette crise, personne ne s’attend à quoi que ce soit. En témoigne Pierre Viansson-Ponté qui, le 15 Mars 1968, écrit dans Le Monde que “La France s’ennuie”… Alors, j’aimerais dire à ce monsieur au nom compliqué qu’il ne faut pas provoquer bêtement les gens comme ça. C’est de la psychologie inversée, un peu. Ah ouais, il s’emmerde l’autre journaleux? On va lui en donner du scoop! Bref, toi tu penses que les mômes ne veulent juste pas passer leurs examens. Bien vu l’artiste. Bref, 1968, on ne va pas vous faire un dessin. Alors que la crise bat son plein, une manifestation a lieu le 27 Mai au stade Charléty. Là, toutes les personnes présentes commencent à envisager un gouvernement provisoire. François Mitterand se propose directement à la candidature. Ca fait un peu genre :

- “Eh, moi, moi, Monsieur, eh, moi, moi, moi! J’peux l’faire moi!”

- “C’est ça, t’es mignon mais reviens dans 13 ans petit.”

f
C’est sur qu’une fois que tu as mis les affiches en français, ça a du mieux marcher ton business.

Bref, tout ça, tout ça. Le 29, tu ne sais plus trop comment te dépétrer dans cette fange qui te tire vers le bas et te font descendre de ton échelle de gloire qui commence à se retrouver escabeau. Tu décides d’opérer un bouleversement tactique! Tu… disparais. Tu prends l’avion pour Baden-Baden (oui oui, deux fois) mais sans prévenir personne. Parce que dans l’ensemble, on s’en fout un peu que tu te barres comme ça mais ce qui est vraiment drôle, c’est qu’il a suffi que les médias relaient l’information pour que toute la France se pose des questions. C’est un peu l’idée d’un groupe de mômes qui feraient particulièrement suer un mono en colonie. Au bout d’un moment, le mec dit qu’il se casse parce qu’il en peut plus et les enfants commencent à se poser des questions. Mince, on est peut-être allé trop loin?

Voilà, la France baisse sa couche-culotte sur une disparition de même pas 24 heures. Fin tacticien, les gaullistes organisent une grande manifestation sur les Champs-Elysées. Bah mon vieux, faut bien que ce soit une manif’ de droite pour qu’elle passe par l’auto-proclamée plus belle avenue du monde. Enorme manifestation de soutien donc avec 1 millions personnes selon les organisateurs, et 1 millions et demi selon la police. Peu de temps après tout ça, tu remportes haut la main les législatives avec 354 des 487 sièges au Parlement. Du jamais vu dans l’histoire, une telle hégémonie dans la victoire. On notera au passage qu’on apelle ça un siège. C’est dire l’ambiance de boulot.

d
Z’êtes sur, monsieur l’agent? Non parce que moi, j’aurais juré avoir un bout de cannabis sur la bouche… Bizarre ça.

Le 27 Avril 1969, la France doit voter sur, je cite, “la réforme du Sénat et la régionalisation” sous forme de référendum. Ca nous paraît forcément un peu bizarre en 2008 puisqu’on ne vote même plus quand on nous change la constitution, alors bon… Toujours est-il que les français étaient appelés à dire oui ou non à un truc pareil. Tu penses bien que tout le monde s’en branlait de ta réforme. Sauf que tu as la brillante idée de dire que si le non l’emportait, tu démissionerais. Evidemment, une énormité pareille, on se rue dessus. Valery Giscard d’Estaing (bah c’est ton D’Estaing) fait campagne pour le Non. Ca fait un peu genre :

- “Eh, moi, moi, Monsieur, eh, moi, moi, moi! J’peux l’faire moi!”

- “C’est ça, t’es mignon mais reviens dans 5 ans petit.”

Finalement, comme de bien entendu, le non l’emporte à 52,41%. Le lendemain à midi, tu annonces dans un communiqué laconique que « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Clair, net, précis et sans bavure. Merci, au revoir et allez tous vous faire mettre. Ta vie devient un peu morose, tu fais l’ermite pour écrire la suite de tes Mémoires de Guerre. Cela s’appelera les Mémoires d’espoir… Plus cucul, tu meurs. Mais avant de mourir, tu n’oublies pas de rendre une petite visite de courtoisie à ce bon vieux dictateur Franco.

d
Pssst, Adenauer! Pssst! C’est Platoche qui tire, protège toi les couilles!

Le 9 Novembre 1970, tu entames une partie de patience. Tu la finiras plus tard apparemment puisque tu claques d’une rupture d’anévrisme dans la demi-heure qui suit. Tu pars avec les honneurs en faisant la nique à presque tout le monde puisqu’il est écrit sur ton testament que tu refuses que n’importe quelle personnalité assiste à ton enterremment. Richard Nixon, en personne, doit se contenter de la messe de Notre-Dame… Merci d’être venu grand. Dans cette uniformité des honneurs, seul Hara-Kiri tente l’humour noir avec le fameux “Bal tragique à Colombey, un mort.” qui faisait écho aux 146 morts de la semaine passée dans un dancing. Censuré, évidemment.

300120408-photo

Mais comme chacun sait, le seul fait d’interdire quelque chose à quelqu’un lui donne juste envie de l’obtenir, nous avons le pourquoi de la célébrité de cette couverture. Sur ce, Charles, nous savons tous très bien que tu n’as pas besoin d’être censuré pour ne pas être oublié même si je trouve que certaines personnes ont tendance à revendiquer tout et n’importe quoi en ta mémoire. Bon vent, gros!

Mardi 18 Novembre 2008.

Mardi 18 novembre 2008

“Si toi, tu arrives à conduire un hélicoptère alors moi, je peux tondre la pelouse du stade avec.”

Charles De Gaulle – Second Acte.

Mardi 18 novembre 2008

Nous nous étions arrêtés en 1927, tu venais d’être affecté à Trêves. En 1929, tu es nommé au Proche-Orient qui s’appelle encore le Levant. De Gaulle au Levant, je suis sur que tu as dû beaucoup user de ton influence pour que cette région du globe change d’appellation. N’empêche que tu étais affecté à Beyrouth qui n’est pas si loin que ça du Boukistan… Las de toutes ces moqueries, tu rentres en France en 1931 où tu travailles pour le secrétariat général de la défense nationale à Paris. Un poste qui te prend énormément de temps puisque tu as le temps d’écrire trois bouquins et de t’initier aux affaires de l’état. Tu fréquentes les pontes de la nation et tu ne tardes pas à te créer des ennemis. Notamment Léon Blum (qui, plus tard, aura une belle carrière d’acteur en jouant dans Pirates des Caraïbes) qui te reproche ton idée de former une armée de métier car il craint que celle-ci soit utilisée contre le peuple, idée que tu ne réfutes pas, bien au contraire. Et puisque l’on parle de boum (je sais, elle est facile), le 3 Septembre 1939, tu es nommé Commandant des chars de la Ve armée – c’est ta promotion spéciale entrée en guerre.

f

Nous aussi, on veut un grand nez! Nous aussi, on veut un grand nez!

La seconde guerre mondiale vient d’éclater. D’ailleurs mondiale, mon cul. Elle était juste mondiale de notre point de vue occidentaux, c’est à dire qu’elle ne comportait que les pays qui nous intéresse. Le 6 Juin 1940 après une grande ballade dans toute l’est de la France avec une escorte de blindés, quelques rixes amicales avec l’ennemi et quelques pertes en route, tu es nommé au ministère. Amer, toi? Non, car tu as pour mission de coordonner l’action franco-anglaise. Le 9 Juin, tu rencontres Churchill (feriez-vous confiance à quelqu’un qui, si on traduit littéralement son nom, s’apelle EgliseMalade? Moi non plus, ça fait trop peau rouge) que tu tentes de convaincre de l’utilité de mettre plus de forces dans la bataille. Le 10 Juin, tu quittes Paris, le prix du mètre carré commençant à être beaucoup trop élevé (et bien élevé, le bougre) pour toi. Tu te retrouves le 16 à Londres pour lire le fameux texte de la Anglo-French Unity qui voulait faire de nos deux pays, une seule et même nation. Juste coupée par la Manche, en somme. Mais le jour où ce projet doit être mis en application ce texte, Paul Reynaud démissionne et laisse la place vacante à Pétain. Tu files donc à Londres où tu prononces le 18 Juin 1940, le fameux “appel du 18 Juin”. Original, comme nom.

d
C’est en cherchant des champignons en forêt que Jean-Louis Trelignac a retrouvé cette relique. En effet, le consortium des musées de France est heureux de vous présenter la Pelle du 18 Juin.

Le 2 Août 1940, tu es condamné à la peine de mort par contumace, qui vient du latin contumacia ce qui ne nous aide pas beaucoup, mais en gros tu ne t’es pas présenté au procès. En même temps, pour venir de son plein gré à un procès où l’on encourt la peine de mort, il faudrait être complètement chabraque. Surtout pour trahison. Tu deviens alors le chef d’orchestre de la France libre, celui qui coordone et permettra à tous les français de se prétendre résistant quelques années plus tard. Tu vis quasiment toutes tes années de guerre à Londres, au côté de Winston Churchill qui finira par te surnommer “Jeanne d’Arc” (parlez de transition) à cause de tes accents belliqueux envers l’Angleterre et les USA.

f

De Gaulle à Churchill : "Bon Gollum, quand t'auras fini de nous raconter ta vie, on pourra peut-être passer aux choses sérieuses!"

Mais faisons avance rapide pour aller directement à la fin de cette guerre. Nous sommes le 14 Juin 1944 et tu arrives à débarquer sur la plage de Courseulles-Sur-Mer, non loin des communes de Marchonsàplusieurs-Sur-Océan et Sprintensemble-Plage. Tu montes libérer Paris le 25 Août 1944 avec le général Leclerc, qui avait pris beaucoup d’avance sur le maréchal Carrefour et le colonel Champion à tes yeux. Le 9 Septembre, après avoir pris un bain de foule sur les Champs-Elysées, tu prends la tête du gouvernement provisoire français. Tu attribues le droit de vote aux femmes et tu mets en place la sécurité sociale. Quand on voit après ce que certains ont fait en ton nom, mon vieux, tu dois avoir fait la toupie dans ta crypte. Tu démissionnes de ce haut-poste le 20 Janvier 1946 car tu estimes avoir rempli ta mission de “libérer le territoire, restaurer la République, organiser des élections libres et démocratiques, entreprendre la modernisation économique et sociale” et tu aimerais avoir un moment pour aller faire caca tranquille.

c

"Ma bonne Yvonne, je n'y comprends strictement rien. Je débarque juste les Champs-Elysées pour acheter deux, trois babioles et je suis submergé par une foule immense. D'accord, j'ai libéré la France mais je n'ai pas marqué deux buts en finale de Coupe du Monde, allons! Ayez le sens des priorités, braves gens!"


Tu fondes en 1947 le parti politique du RPF (rassemblement pour le peuple français) en surfant sur la vague de liesse qui t’entoure. Tu gagnes rapidement les municipales et quelques chaises longues au Sénat. Cependant, une fois passé la reconaissance, les français n’étant pas si con, ils se rendent bien vite compte que tu es comme les autres. Après plusieurs échecs, tu décides de mettre le parti en sommeil en 1955. Apparemment, il dort toujours…

Tu te retires alors à Colombey-Les-Deux-Eglises pour rédiger tes “Mémoires de guerres”. Le lecteur comprendra bien vite que tu n’avais plus de boulot et qu’il te fallait gagner ta croute. Mai 1958, 10 ans avant les événements des bobos parisiens : la France tortille du cul entre deux options. Algérie française ou Algérie algérienne? Les débats finissent en quasi-guerre civile. C’est pourquoi René Coty (en bourse) fait appel au plus illustre des français. Il te passe alors le flambeau de président de la République le 1er Juin 1958. Ainsi, tu décides de tout réformer. La quatrième république, ça sonne pas très bien. Tu penches pour la cinquième parce que tu t’es rendu compte que tu savais faire un V avec tes doigts. Tu réussis donc haut la main ton intérim de 6 mois, les français votent à 80% oui pour ta réforme de la constitution et tu es élu 1er président en Décembre 1958 par les 80 000 grands électeurs de l’époque. On peut bien se foutre des américains et de leur système hein…

c

"Oh, la belle paire de miches qu'elle avait. On pouvait y mettre la tête! Ah oui, vous pouvez me traiter de menteur, je jure que c'est vrai!"


Le 4 Juin 1958, tu donnes un discours à Alger devant une véritable marée humaine. Tu commences ton discours par le célèbre “Je vous ai compris!” et tu réussis à escroquer tout le monde. En effet, chacun prend cette affirmation pour lui, les partisans de l’Algérie française ainsi que les indépendantistes. De l’art de plonger dans le grand bain sans se mouiller mais en éclaboussant quand même. Dans toute cette crise algérienne, nous noterons que tu n’as jamais hésité à faire usage de la force, de la violence et de la cruauté. Tu exigeais toi-même les tortures. Prenons pour exemple, cette répression sanglante d’une manifestation pacifique des nord-africains qui protestaient contre le couvre-feu qui leur était imposé. Dans le pays des droits de l’homme, sous la tutelle du héros de la résistance, on impose un couvre-feu aux arabes. La routine. Bilan du 17 Octobre 1961 : entre 30 et 300 morts (selon la police ou les organisateurs de cette petite sauterie). N’oublions pas le fameux épisode du métro Charonne. Le 8 février 1962, 9 personnes trouvent la mort lors d’une manifestation pacifique contre la guerre en Irak Algérie. Soi-disant étouffées par les grilles du métro. Les fameuses grilles qui sortent de leur structure et qui fracasse les nez, oreille et sans faire plus attention, parfois tout le visage. Non mais! Faites très attention aux grilles du métro. Bref, en Juillet 1962 sont signés les accords d’Evian pour accorder l’indépendance à l’Algérie. Pourquoi Evian, me direz-vous? Parce que Paris, c’était trop propre pour des arabes et que Vittel avait pas pu s’aligner sur l’offre d’Evian.

f

"Allez, tous avec moi, on tape des mains! Quand je stoppe sur mon flex..."

Le 22 Août 1962, tu échappes de peu à un attentat au Petit Clamart. 100 douilles sont retrouvées sur les lieux de l’attentat. Tu dois la vie à ton chauffeur qui a eu la bonne idée d’accélérer dès qu’il a flairé le danger. Tu as une réaction pour le moins sympathique puisque tu déclares : « Cette fois, c’était tangent. Ces gens-là tirent comme des cochons » avant d’ajouter que “C’aurait été une belle fin”. C’est le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry (choisis un prénom, merde) qui est le cerveau de la bande. Tout le reste du corps sera gracié par De Gaulle sauf lui puisqu’il est reconnu coupable d’avoir ordonné de tirer sur une voiture dans laquelle se trouvait une femme. Ce sera le dernier fusillé français. Tu profites de l’émotion suscitée par l’attentat pour lancer un référendum sur le suffrage universel. Les français votent oui avec enthousiasme malgré la campagne pour le non que mène… La gauche! (Quand on est con…)

Le 19 Décembre 1965, tu es reélu pour 7 ans mais cette fois-ci au second tour. Tu es mis en ballotage par François Mitterand et Lecanuet (il n’y en a qu’un). Faut dire aussi que tu avais décidé de ne pas faire campagne, ça compense un peu. Tu entres dans ce mandat avec enthousiasme mais plane sur toi la menace de Mai 1968…

Dimanche 16 Novembre 2008.

Dimanche 16 novembre 2008

Un manchot qui fait la manche, comment il ramasse la monnaie?

Jeudi 13 Novembre 2008.

Jeudi 13 novembre 2008

C’est les conclusions d’une enquête exclusive d’un grand magazine français qui nous apportent les informations suivantes : la société française glisserait tout doucement vers un oubli des manières et une grossièreté récurrente. En témoigne cette constatations du journaliste : les catholiques ne disent plus amen, mais va chercher…